Blog > Avec l'eau
Le 15/01/2010 à 09:35
1
LA nuit je veille, contemplant un éclair
Surgi d’un nuage subitement clair
Et si proche, à même le sol,
Que celui qui se lève pourrait avec ses mains l’atteindre et le pousser.
2
Lorsque nous étions sous l’ombre de leurs lances,
J’ai tendu la main vers le sol afin de le toucher.
Il ne sied pas qu’on blâme un homme pour la faiblesse d’un jour
Alors qu’il fut réputé pour sa hardiesse.
3
Dans mon éloignement, avec l’eau pure
Je vous écrirais si avec elle on pouvait écrire.
Aws ibn Hijr
Mort vers 620
« La langue arabe est une langue du surgissement, de la déflagration. Langue d’étincelles et de vision, une extension humaine de la nature et de ses secrets. Dans chaque grand poème arabe habite un second poème qui n’est autre que celui de la langue. Et l’existant direct n’est pas le monde mais la langue.
Aussi est-elle chez l’arabe préislamique l’énergie créatrice et chez l’arabe, de façon générale, un don divin. »
Le Dîwân de la poésie arabe classique, Poésie/Gallimard.
Une traduction est toujours une trahison, c’est encore plus vrai de l’arabe vers le français.
Nadine qui vient d’apprendre que l’édit de Nantes avait été signé à Nantes invite ceux qui le souhaitent à écrire à partir de :
« Je t’écrirais avec l’eau … »
1. Ghislaine (La main et la plume) Le 16/02/2010 à 12:35

Bonjour à vous,
Je ne sais pas si c'est ce que vous proposez; mais voici un petit poème inspiré là, à mains levée, en réponse à votre suggestion.
C'est une très bonne idée que votre site! J'y adhère complètement.
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Je t'écrirai avec de l'eau vive coulant de mes veines,
Pour mieux te faire sentir combien mon sang est poésie.
Je t'écrirai à l'encre rouge de mon sang:
Ruisseau d'eau vive qui maintiens mon corps en vie.
Je t'écrirais avec ce sang qui fait battre mon coeur lorsque je te te vois sans oser t'aborder, te parler.
Je t'écrirai... Oui, je t'écrirai! Je t'écrirai
Lorsque j'oserai te dire la douleur que je ressens à t'aimer en secret,
Lorsque j oserai te confier cet amour qui brûle en moi tel un brasier qui me détruit de l'intérieur, et me fait mal de ne pouvoir te le crier!
Je t'écrirais avec l'eau vive du torrent, à l'encre invisible de mes sentiments ignorés de toi par ma faute, parc'que je n'ose pas.
Je t'écrirai un jour,une nuit, quand mon sommeil tardera à venir, quand je ne pourrai plus souffrir en ta présence et que ce mal de toi qui me ronge, aura raison de mon silence.
Amicalement:
N.Ghis (La main et la plume)
2. fridom Le 17/02/2010 à 07:25
Chère Ghislaine,
Tu as parfaitement compris le principe.
Ton poème est très beau, je t'en remercie.
L'eau et le sang se mèlent et s'entremèlent dans l'amour.
Cordialement,
Dominique