Parfaites inséparations (VI)

  • Par fridom05
  • Le 24/08/2010
  • Commentaires (2)

 

Pour être brutale, cette séparation était prévisible. Je m’en veux de m’être mis à croire que l’on pouvait damer le pion au temps, à l’histoire. C’est un coup qui m’a cueilli au mauvais moment.  J’avançais confiant. Je ne l’ai pas vu venir. C’est étonnant de ma part. Et en même temps je savais qu’une attaque m’attendait. J’ai sous-estimé sa force.

Il y a plusieurs sortes de joueurs de tennis. Autrefois, il y avait ceux que l’on nommait les frappeurs. Ils envoyaient la petite balle avec une force incroyable. Elle atteignait des vitesses jamais vues.  Ils gagnaient leurs matchs en force. Il y avait des joueurs plus subtils, les renvoyeurs qui savaient lire les trajectoires à un mouvement de poignet, à la qualité de l’appui du serveur. Ils renvoyaient ainsi les balles avant qu’elles n’aient pris trop de vitesse et de force. Plus fort encore, ils évitaient de s’opposer à la balle, ils en prolongeaient le mouvement et elles revenaient au serveur avec davantage de force. Le frappeur/serveur qui n’était pas renvoyeur ne savait pas comment relancer cette balle, boomerang qui lui revenait dans la raquette. Pour les renvoyeurs c’était une façon de s’économiser. Lorsqu’ils étaient opposés aux renvoyeurs les frappeurs se désespéraient. Ils frappaient d’autant plus fort, et se faisaient systématiquement avoir. La balle revenait avec encore plus de force. Ils devaient affronter de véritables boulets de canon qu’ils tiraient au fond contre eux-mêmes. Je ne te dis pas qui fut frappeur et qui fut renvoyeur. De connaître cet aspect du tennis ne m’a pas empêché de cogner, cogner encore comme si je me devais de constamment en rajouter, comme s’il fallait aller au bout de tout cela, comme si je me devais de contribuer à renforcer ta décision.

Les judokas et les aïkidokas connaissent bien cette technique. Plus l’attaque est franche, plus la réplique est cinglante, plus elle est efficace. Au fond, plus j’argumentais, plus j’expliquais, plus j’essayais de circonscrire la voie d’eau, plus ça s’étendait, plus ta détermination gonflait. Et j’aurai tout fait pour la faire grandir, pour qu’elle devienne mur, qu’elle devienne une forteresse.

Suis-je masochiste parfois ?

N’ai-je pas vu les signes avant-coureurs ?

Cette histoire est un peu comme celle de l’ombre d’une réponse. J’aime cette idée de signes coureurs. Je les imagine dans la savane, courant en tous sens comme des antilopes. Des signes avant-coureurs, ce sont des antilopes qui courent en avant pour prévenir le troupeau que le lion n’est pas loin et qu’il faut se sauver, s’égayer. Des signes, il y en avait un sacré paquet à courir. Je ne les ai pas vus, pas plus que toi. Mais il en faut bien un qui décide. Au moment le plus opportun.

Et tant pis, s’il n’y a pas eu d’effacement lent. En fait si, il y a eu. Rupture. Puis tout un tas d’événements pénibles pour l’une surtout et l’autre. Et puis, une renaissance. C’est à ce moment là qu’intervient la séparation.

Au fond qu’importent les reconstructions, les séparations me persécutent.

 

 

(A suivre !)

Commentaires (2)

1. Marie 24/08/2010

Heureuse de retrouver ta plume :)
Je vais prendre mon temps pour te lire ...
Douce soirée ...

2. fridom 24/08/2010

Bonjour Marie,

Je suis aussi très heureux de te retrouver.
Tu trouveras beaucoup de textes que tu as déjà lus mais aussi quelques nouveautés ...
Bonne soirée et à tout bientôt,


Dominique

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