Quand je serai mort
Quand perdu par ma foi, je serai mort
Je me planquerai dans un cercueil d’or
Et si l’on te dit que je t’aime encore
N’en crois rien même si l’on déterre mon corps.
Mon souffle sur ta peau
Frémissements
Tu te cambres
Nos corps sinuent
Infinie douceur
De l’instant
Tu nuages sur ma peau
Quand funèbre Tristan, je serai mort
Quand je n’aurai ni dedans ni dehors
Quand sortant des mains froides du croque-mort
Je ne serai qu’habillé de temps mort
Accélère le tempo
Gémissements
Parfum d’ambre
Je m’insinue
Infinie douceur
De l’instant
Je nuage sur ta peau
Quand libéré de tout je serai mort
Quand l’oubli de mes amours à Cahors
Apaisera mon âme météore
Je n’aurai plus besoin de sémaphore
Souviens-toi d’Edgar Poe
Tressaillements
Une nuit de décembre
Une pauvre ingénue
Infinie noirceur
Du moment
Elle ravage sur ma peau
Quand lâché par mon cœur je serai mort
Dans mon linceul reposant sans remords
J’oublierai ces prétentieux matamores
Leurs mentors et leurs frigides castafiores
L’amour comme appeau
Balbutiements
Dans la moiteur de la chambre
Je n’étais qu’un inconnu
Un stupide engrosseur
L’amant d’un instant
Que la honte ravage
Quand le livre de vie me dira mort
Je serai, enfin, arrivé au port.
Mon souffle sur ta peau
Frémissements
Tu te cambres
Nos corps sinuent
Infinie douceur
De l’instant
Tu nuages sur ma peau
C’est le souvenir que j’emporterai dans la tombe.
Dominique Friard