Autre, indéfectiblement autre
Pourquoi ne faudrait-il pas chanter comme festin
Les sérénades en Bretagne, ma noyade
Cette première aubade, cette tendre cavalcade
Baisers au clair de Lune et amour libertin ? (1)
Pourquoi ?
Des mots sont écrits,
Posés,
Murmurés,
Hurlés.
Plus possible d’en changer un iota.
Alea jacta est !
Les dés
Pipés
Sont jetés.
Quant à abolir le hasard …
Ca passe ou ça casse
Quitte ou double !
Pourquoi ne faudrait-il pas chanter comme destin
Des sérénades en Bretagne, ma noyade
Cette première aubade, cette tendre cavalcade
Aimer au clair de Lune d’un amour libertin ?
Pas de fantôme qui hante mes vers
Juste le sentiment d’une dette
Envers cette première fois
Maladroit, je suis maladroit
Comment raconter une autre femme
A celle qu’on aime ?
Comment se perdre dans une description aussi crue
Dans des détails aussi intimes
Que la bienséance trouverait peu ragoutants ?
A l’idée que tu liras
Ou que je te lirai
Ces mots à haute voix
Je pivoine.
Pourquoi ne faudrait-il pas chanter comme destin
Des sérénades en Bretagne, ma noyade
Cette première aubade, cette tendre cavalcade
Aimer au clair de Lune d’un amour libertin ?
Peut-être me fais-je un peu provocateur ?
Peut-être est-ce une revanche,
Un doux reproche ?
Que diable fais-tu dans ce maudit bateau
Là-bas au large des Glénan ?
Une croisière ?
Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse
Pourquoi a-t-on besoin de cette illusion
Qui voudrait que l’aimé(e) soit vierge de toute passion
De tout amour ?
Pourquoi ce romantisme de pacotille ?
Un amour chasserait l’autre
L’enterrerait dans les limbes ?
Bien sûr,
Ma plume m’emporte
Bien sûr,
J’écris plus vite que l’ombre de mon ombre
Ma vie n’a pas commencé avec toi.
Pourquoi ne faudrait-il pas chanter comme destin
Des sérénades en Bretagne, ma noyade
Cette première aubade, cette tendre cavalcade
Aimer au clair de Lune d’un amour libertin ?
Martine a laissé des traces en moi
Elle m’a marqué de son empreinte
Comme des hommes t’ont marqué, toi aussi.
Cette première fois a modelé ma relation aux femmes.
Et même si je possédais toutes les femmes de la terre
Rien n’en serait retranché
Demeurerait la sensation unique et terrible de pénétrer
Le Grand Mystère
Demeurerait ce constat accablant :
De l’avoir pénétré ne me rend pas plus savant
Martine m’a appris que la femme
Résiste à l’homme
Toujours
Et tous les viols de tous les temps n’y changent rien.
La femme résiste à l’homme
Elle est autre
Tellement autre.
Pourquoi ne faudrait-il pas chanter comme destin
Des sérénades en Bretagne, ma noyade
Cette première aubade, cette tendre cavalcade
Aimer au clair de Lune d’un amour libertin ?
Alors, négocions
Toi Jane, moi Tarzan !
Jane, Tarzan !
Jane, Tarzan !
Jane, Tarzan !
Apprenons ensemble à nous aimer,
A nous parler,
A nous écouter
Faisons un lexique de nos caresses,
De nos mots tendres
Réactualisons-le
Encore et encore.
Martine et Jason,
Elle et moi c’était une certaine façon d’être ensemble
Une certaine qualité d’étreinte, d’écoute, de partage.
J’ai toujours eu la nostalgie de cette qualité d’être ensemble.
Pourquoi ne faudrait-il pas chanter comme destin
Des sérénades en Bretagne, ma noyade
Cette première aubade, cette tendre cavalcade
Aimer au clair de Lune d’un amour libertin ?
Françoise, je t’aime
Je pourrais le crier aux étoiles
Le chuchoter sur ta peau
Le murmurer à ta fontaine d’amour
Mais j’ai choisi de te l’écrire
A ma façon
Avec mes mots
Ma folie
Ma manière à moi d’être Tarzan
C’est de t’écrire mon amour
Pendant que tu navigues,
Loin,
Sur un voilier dont j’ignore jusqu’au nom.
Entre nous, il y maintenant l'écriture...
Une certaine pratique du mensonge.
D.F. 1- D’après Tristan Derème « Puisque je suis assis …», La Verdure dorée, CXVIII