De l’autre côté du miroir

De l’autre côté du miroir

 

 

 

Jason, gentil Jason,

Tu joues, joues, joues

Nuit et jour

Jour et nuit

Tu joues.

 

 

 

Tu noircis ton calepin

Nuit et jour

Jour et nuit

Faut-il que tu sois perdu

Pour tracer ton chemin

De pensée dans ces petits carreaux

 

 

 

Jason, gentil Jason,

Tu t’accroches à l’écrit

Comme Castor à Pollux

Tu écris

Tu t’acharnes à laisser trace

Comme si tout cela allait disparaître

S’évanouir dans les limbes

Un jour, une nuit

Une nuit, un jour

 

 

 

Jason, gentil Jason,

Pour qui écris-tu ?

A qui destines-tu

Tes phrases

Emporte-pièce ?

Des mots épars ne font pas une pensée

Lui liras-tu cet écrit secret

Qu’elle suscite 

Jour et nuit

Nuit et jour ?

 

 

 

Jason, gentil Jason,

Tu jases

Et tu te caches

Dans les replis de ton calepin.

Ecris- le

Ecris vrai

Si tu en es capable

Si le remords qui te tord les tripes

Jour et nuit

Ne te l’interdit pas.

Pour qui écris-tu Jason ?

Pour Marie-Noëlle ?

Pour Françoise ?

Pour celle que tu quittes

Pour celle qui navigue du côté des Glénan

Que tu espères retrouver à la faveur

Des courants de vie ? 

 

 

 

Jason, gentil Jason

La vie n’est pas si belle

Le chemin est tortueux

Tu aimes et tu quittes

Tu abandonnes

Comme tu l’as été

A l’origine

Tu joues

Tu te caches

Tu te mens

Peux-tu continuer à taire ?

Peux-tu mentir à ton miroir

A ton calepin ?

 

 

 

Jason, pas si gentil Jason,

Marie Noëlle t’aime

Et tu cours ailleurs

Vers l’amour d’une autre.

Tu voudrais être pur

Comme le blanc chevalier

Que tu rêves d’être.

Tu te cherches l’ami.

Ta belle armure est tachée.

A quoi bon convoquer le passé ?

 

 

 

D.F.