De Landrezac à Penvins

De Landrezac à Penvins

 

De Landrezac à Penvins

La route est longue, longue, longue

De Landrezac à Penvins

La route est rude pour les tongs

 

 

Jason marchait

D’un pas soutenu

Sac au dos

Jason marchait

Sur cette route qu’ado

Il avait tant parcouru

Jason marchait

Des fantômes dans son sillage

Il connaissait chaque virage

Chaque mûrier, chaque fougère

Pensant à sa bergère

Jason marchait.

 

 

De Landrezac à Penvins

La route est longue, longue, longue

De Landrezac à Penvins

Les kilomètres usent les tongs

 

 

Refrains de colo

Qui rythment le pas

Refrains de colo

Que je ne chante pas

Refrains de colo

Je ne suis plus un pré-ado

 

 

Dans le hameau de Landrezac

Une communauté idéale en dormition

Hante ma mémoire

Et nourrit d’utopie mes rêves assoiffés

Carole, Mireille

Deux sœurs

Deux fées

Qui métamorphosent

Un triste village

En Coët Namour.

 

 

Dis-moi petit bois d’amour

Te souviens-tu de nos ébats ?

Te souviens-tu de ces jamborées

Qui nous tenaient éveillés

Des nuits et des nuits ?

 

 

 

Carole, Brune Carole aux yeux d’amandes

Mireille, Blonde Mireille aux yeux d’émeraude

Je le proclame à la Lune

Chevalier servant

Adepte de la carte du Tendre

J’étais troubadour

A votre cour.

 

 

Carole, Mireille,

L’une c’est soleil

L’autre c’est Lune

Carole la ténébreuse,

La somptueuse,

La secrète

La saturnienne

Mireille, la lumineuse

La Provençale

La vénusienne.

Carole, Mireille,

Deux sœurs

Un univers

Une utopie

Et un peuple de satellites

Qui gravitent

Comme une ritournelle

Dans leur atmosphère.

 

 

De Landrezac à Penvins

La route est longue, longue, longue

De Landrezac à Penvins

J’en ferai un folk-song.

 

 

Que sont-elles devenues

Les deux médiatrices

Magnétiques

Qui aimantaient

Tout un puzzle d’amoureux des arts

Qui attiraient à elles

Tous les preux de la presqu’ile de Rhuys ?

Les belonautes ivres de musique

De fougères et de chouchenn

Caressaient leurs guitares

Fouaillaient leurs harmonicas

Accompagnés du cliquetis des fourchettes

Du tambourinement des cuillères de bois

Sur les casseroles

De Maman Belon.

Jason se dandinait

Dandinait

Dandinait

Sur la plus haute branche

De ses lunettes

Lunatiques et solaires

Comme un éléphant bègue

Qui aurait découvert

Un Cabaret Voltaire.

 

 

De Landrezac à Penvins

La route est longue, longue, longue

De Landrezac à Penvins

La route est longue, longue, longue

 

 

Jason marchait

Sac au dos

Souvenirs en bandoulière

La route brûlante

Trop souvent parcourue

Cinq ans plus tôt

Alimentait sa rêverie. 

 

 

Dominique Friard