Dormir en Bretagne
Jason dort dans sa Bretagne, ce soir
Une Bretagne noyée dans la mer des regrets
Une Bretagne oubliée dans ses tréfonds
Les plus intimes.
Oh Jason ! Où t’étais-tu égaré ?
Dans quelles landes errais-tu ?
Depuis cinq ans tu vis en Kerviliguet
Dans la ville maudite tu as asséché
Souque, Jason, souque
Sur
La Bretagne que tu cherches est en toi, camarade.
La femme que tu rêves,
Cette fée qui peuple tes nuits
Cette Sarrasine aux yeux si doux
N’est-elle pas toujours la même ?
Qu’elle s’appelle Patricia, Adeline, Chantal,
Christine ou Marie-Claude ?
Que cherches-tu Jason ?
Sinon le bonheur enfoui dans les dunes de Landrezac ?
Sinon l’amour d’une mère trop tôt disparue
D’avoir été peut-être trop mal aimée ?
Jason dort en Bretagne, ce soir
Il en est bouleversé …
Le passé, le passé, le passé
Est trop présent en lui
Trop de fantômes
Trop de pensées s’emparent de lui.
Souque Jason, souque
Soumise aux désirs de la Lune
Comme tu l’es à ceux qui t’aiment.
Si ton corps n’est que le moyen
De réaliser les rêves de ton père
Est-ce encore ton corps ?
Si ton corps ne te sert qu’à réparer
Tes timidités passées
Est-ce encore ton corps ?
Tu peux sourire à la vieille église de pierre
Les amours perdues ne se rattrapent pas.
Le passé n’existe pas, mon camarade
Pas besoin de s’appeler Saint Augustin
Pour savoir ça.
Tu répètes ton passé au présent
Encore et encore.
Ton présent en est infesté
Souque Jason, souque
Le paradis est perdu
Définitivement
Il est trop tard pour le retrouver.
A quoi bon faire semblant d’oublier
Le chagrin, la perte de ces aimées
Que la vie exile ?
A quoi bon les garder au fond du cœur
Comme des bouillottes qui tiennent chaud ?
Souque Jason, souque
C’est le calme plat sur
Aucun vent ne vient gonfler tes voiles
Ta vie fait du surplace
« Adieu Soleil, je renaitrais peut-être … »
Foutaises, Jason
Tu répètes
Tu serines.
Ce soir Jason dort en Bretagne
Bonjour Soleil !