En voiture !
Soudain, ce fut sans toi
Tu m’envoyais des baisers de la main
De la bouche et du profond du cœur
Tu étais là sur le quai
Avec mon sourire en arrière-plan
Le train s’est ébranlé.
Tu as couru
Le Corail était plus rapide.
Tu as disparu
Quelques rares silhouettes s’agitaient
Des amoureux
En partance
En attente de retrouvailles
Je suis parti Françoise.
……………..
Fondu
…………….
Plus de quai
……………..
De l’autre côté de la vitre
Montparnasse s’éclipse
Le Corail n’en finit plus d’accélérer
Vitesse de croisière
Je ne perçois plus que des bribes de banlieue
Les tours de misère
Plantées aux marches de
Délimitent les espaces barbares
Les terrains vagues
Abandonnés
Recouverts de tags
Se prennent pour des terrains d’aventure
La ville se parsème.
Versailles
Saint-Cyr, Trappes, Maurepas
Une histoire ancienne
Torpeur...
Pourquoi cet amour ?
Pourquoi ce bouleversement ?
J'étais tellement tranquille dans ma petite vie.
Mon billet est composté.
Pas de voisin.
Je
Torpeur....
Et puis soudain,
C'est la campagne,
Verte,
Insoupçonnable,
Insolente de santé et de plénitude
Avec ces champs immenses que le soleil du matin illumine.
Comme un monde autre, comme toi, Françoise.
Comme un soupçon de Bretagne.
C’est la campagne
Je cesse d’être tout à fait là
Dans ce train Corail qui m’éloigne de toi,
De nous,
De cette complexité dans laquelle je me perds
Je cours
Je cours devant le train.
Je le précède loin,
Loin
Devant.
Loin de ce maudit mélo
Loin de toi Marie-Noëlle
Loin de ces sanglots
Qui noient mon cœur
Je cours,
Je vole,
Je me précède.
Loin de Paris
De cet univers fini
Flapi,
Etriqué,
Domestiqué.
L’espoir luit.
Dominique Friard