Encore une fois (fin)

Encore une fois (fin)

Faisons l'amour

Comme si c'était la première fois
Encore une fois

Toi et moi

 

 

Sa langue

A forcé ma bouche

Qui ne s’est défendue que mollement

Puis pas du tout

Ses mains m’ont agrippé

M’ont trituré en tous sens

Elle n’était que sinuement

Que frottement

Elle a arraché mes vêtements

Et moi,

Envoûté par cette fureur amoureuse

Par cette passion qu’elle me renvoyait

Je me suis laissé faire

Elle haletait :

« Je te veux dans moi,

Dans ma bouche,

Je veux te sucer jusqu’à la dernière goutte

De sperme. »

Elle, si pudique,

Si réservée,

Retrouvait le langage des hétaïres

Des gourgandines

Elle gémissait comme dans un porno

A deux balles

 

Faisons l'amour

Comme si c'était la première fois
Encore une fois

Toi et moi

 

 

Sa langue s’est enroulée

Autour de mon sexe, tendu,

Elle s’est lovée contre de mes cuisses

Pleine de vénération amoureuse.

Yeux clos,

Pour elle,

N’existait plus

Que ce sucre d’orge,

Cette gourmandise dont elle faisait sa chose

Je, n’existais plus

Ce phallus qu’elle engloutissait

La remplissait totalement

Il comblait tous ses manques

On eût dit qu’elle aspirait l’univers entier

Et toute sa connaissance.

Sa tête est partie

 Dans un quatre cent mètres effréné

Qui s’est achevé dans un sprint final

Qui m’a laissé pantois.

Elle s’est échappée

Et là, nue sur le sable

Elle naguère si pudique

S’est livrée à une danse baroque et sauvage.

Elle est petit rat

Qui découvre son corps

Sur ses pointes de pied

Elle est tourbillon

Ivresse

Vertige

Ivresse du corps.

Elle est fœtus

Qui fleurit doucement.

Elle est météore,

Ses bras, ses jambes,

Son bassin

Sont un maelstrom.

Elle se redresse

Court

Court

Se jette à terre

Tourne sur elle-même

Se relève,

Court,

Furie

Qui se trémousse sur le sable

Opistotonos

Corps cambré

Tel un arc

Prêt à rompre

Qui se rompt

Dans un cri d’amour

Elle halète

Mime le coït

Ses cuisses s’écartèlent

Elle se masturbe en riant aux étoiles

Seins dardés

Comme un drapeau noir

Qui appelle à la révolte

Elle bondit

Sorcière

Mante religieuse

Saute

Sinue sur le sable

Comme un serpent se glisse à l’eau.

Tout elle est là

Dans cette danse étrange

Qui me projette sa douleur aux tripes

Spasmes

Sauts

Cris.

Tout elle est là.

Ses espérances, ce miracle qu’elle attendait de moi,

Forclos

J’aurais pu créer un monde

La transcender

Je n’ai sécrété que l’habitude,

L’ennui, le sommeil et je l’en rends responsable

Le sable dégouline de ses cheveux.

Couchée,

Elle érige un monticule de sable

Sur son ventre plat.

Elle roule boule

Galipette

« Qu’as-tu partagée ?

Me hurle-t-elle,

Que m’as-tu offert ? »

Elle est colère sacrée

Comme son cœur qui tempête

Comme cette passion qui sourd d’elle

Elle sait ce qu’elle perd

Pour elle,

Cette nuit c’est Walpurgis

Elle s’arrête,

Face à moi,

Ecarte ses cuisses

En gémissant

Son sexe m’attend comme un défi

Je la sais,

Je la sens

Brûlante,

Frémissante de désir, de moi.

« Prends-moi !

PRENDS-MOI !!! »

 

 

Faisons l'amour

Comme si c'était la première fois
Encore une fois

Toi et moi

 

 

Je me suis enfoncé en elle

Comme si je devais me dissoudre

Dans sa dérive des continents

Nuit de délire

Nuit de feu,

Nuit de braise

Je ne sais si c’était de l’amour

Qui me possédait

Etait-ce de la rage ?

Mon sexe était un glaive

Et,

Je la pourfendais

Je tuais toute cette amertume

Toute cette culpabilité

Tout ce monde de douleur,

Toute …

Qui m’enserrait.

Je la possédais comme on se damne

Comme si en cet instant

Je perpétuais tous les crimes à venir

Sans remords

Comme si j’étais le plus grand criminel

De la terre

Et je la pourfendais comme un dément

Comme un possédé.

Elle se rivait à moi,

Son bassin gigue

Son vagin étroit

Serrait mon sexe

Comme pour l’aspirer

Comme pour l’engloutir

Tu peux y aller Marie-Noëlle

Tu ne m’auras pas

Chacun de mes coups de rein

Coups de bélier

La défonçait jusqu’aux tréfonds de l’âme.

Je la baisais

A couilles rabattues

Encore

Encore

ENCORE

BAISE-MOI JASON

JASON BAISE-MOI

Encore

Et nous hurlions.

J’étais la puissance

Le pouvoir

Elle était la terre que Dieu créateur

J’ensemençais

Et nous hurlions

Etait-ce de l’amour ?

Etait-ce de la rage ?

C’était plus que de la peine

Deux corps,

Deux êtres,

Deux âmes

Qui savent que plus jamais ils ne seront « Un ».

Une étreinte sauvage

Bestiale

Comme celle du premier homme

Avec la dernière femme

Quelque chose d’unique

D’improbable

Quelque chose qui n’aurait jamais du être

Quelque chose qui laisse dans la bouche un goût de fiel

Quelque chose d’inassumable.

Je

OUI !!!!!!!!

Jazz

JE

JE TE

OUI !!!!!!!!!

ZON !

BAISE

mmmMarie-nnNoëlle

JASON !!!!!

Et nous avons joui. Comme jamais.

Il n’y avait plus de tendresse en nous

Il n’y avait plus rien que du vide,

Du néant

Nous nous sommes abattus,

Là,

Comme deux grands fauves,

Repus,

Sans désir,

Morts,

Endormis

 

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