Quand on aime Gilles Servat
A l’ombre d’un chemin qui zigzague
Jason, trempé, a planté sa tente
Hanté par le rugissement des vagues
Jason tourne et vire sous sa tente
Emporté par la fièvre il divague
Dans la tempête qui secoue la tente
« J’ai chaud,
Je crève de chaud.
Je sue de tous mes pores
Ce foutu bled paumé
Où j’ai planté ma tente.
Que fais-je dans ce trou perdu ?
Dormir en Bretagne quand on aime Gilles Servat,
C’est un pléonasme.
La gorge me brûle,
Mon nez coule,
Mon Armor pour un quart de rhum,
Pour un vin chaud
Même sans aromate …
Ca clapote, ça souffle.
Les murs de ma prison de toile vibrent
Au vent qui vient de la mer.
Cette nuit est à hurler.
Hurlons tous en chœur !
Ici, chaque pierre,
Chaque galet,
Chaque grain de sable
Est vestige d’un passé
Trop présent.
Chaque coin de plage
S’allume d’un feu
Qui me brûle
Est-ce ici que Karla et Igor,
Deux comètes d’une nuit d’été,
S’essayèrent à l’infusion de datura ?
Attention Igor, la stramoine rend fou …
Est-ce ici qu’Igor se jeta sur Karla
Les mains en avant
Pour l’étrangler ?
Tea for Tillerman …
Tillerman ?
Qui sont ces fantômes qui peuplent mes souvenirs ?
Quels remords emplissent mon âme ?
Vent frais, vent du chagrin
Ma toile tient
Chanson des fils électriques
Ma toile plie … »
Le rugissement des vagues
L'ombre d'un chemin qui zigzague.