Toute première fois (suite)

Toute première fois (suite)

 

Dans la Bretagne

Qui boum boum

Sur la plage

Le marin perdu panique

Malgré cette envie folle de prendre

Mes jambes et le reste à mon cou

Je m’empare de ses seins

Ronds et fermes

Auxquels je m’accroche comme à une bouée.

Leur pointe se dresse

Sous mon pétrissage avide et malhabile.

Sa langue fouille ma bouche avec passion

Ses mains tourbillonnent sur mon corps

Je ne suis que fièvre et passion.

J’ai peur.

Mes mains n’osent

Mes  mains n’osent descendre

Au-delà de son nombril

Alors,  

Elles se suspendent

Elles s’accrochent à ses seins qu’elles malaxent.

Je pense à tout à l’heure.

Et si

Et si je déclenchais un incendie que je ne saurais étreindre.

Je n’aurais jamais dû faire le bravache

C’est vraiment la première fois.

Martine n’en mène pas large non plus.

Elle doit

Il faut qu’elle se rende compte que j’ai galéjé.

Je suis le mec

C’est au mec de prendre l’initiative

Elle,

Elle n’a rien d’une initiatrice

Ce n’est pas son dépucelage à la sauvette

Qui l’a armé pour ça.

 

 

Dans la Bretagne

Qui gamberge

Sur la plage

Au lieu d’agir

L’amour et le désir sont plus forts

Que mon esprit timoré

Je sais maintenant pourquoi la mante religieuse

Coupe la tête de son mâle.
Je me jette à l’eau

J’ouvre son jean, je baisse la fermeture éclair.

Sous le regard moqueur de la Lune, j’ôte son pantalon.

Pas très érotique tout ça !

Hésitations …

Le temps n’arrête pas de suspendre son vol.

J’avance une main que je sais tremblante vers sa petite culotte

Dernier rempart avant …

Elle me sourit,

M’encourage du regard

« Je t’aime ! »

Aux orties la culotte !

J’hume sa toison brune

Elle s’est parfumée

Parfum tendrement musqué.

Je plonge

J’enfouis mon visage dans sa forêt.

Mes doigts timides découvrent son corps

Et s’initient au grand mystère féminin.

Je m’attarde à la périphérie …

De son sexe.

Mon slip va éclater.

De la pulpe des doigts,

Je la découvre

Je le découvre

Je caresse ses lèvres,

Je les entrouvre

Sensation de douceur

De moiteur

Elle ruisselle

Dieu ! Que c’est beau un sexe de femme !

Plus léger que plus fin des duvets.

Sous mon index, son …

Clitoris,

Fragile bourgeon de chair, s’enfle.

J’y pose mes lèvres

Je l’escagasse de la langue …

Saveur acide

Martine soupire

Gigote doucement

Continue, camarade.

Elle se redresse et écosse mon pantalon.

Sa bouche fraîche survole l’intérieur de mes cuisses

En laissant dans son sillage des nuages de plaisir …

Elle me libère de mon slip …

Elle effleure mes testicules,

Mon sexe

Ô Dieu, je vais éclater !

 

 

Dans la Bretagne

Qui soupire

Sur la plage

Je ne suis pas encore décérébré

Quinze jours, toute une vie

Que j’appréhende ce moment

Quinze jours, toute une vie

Que je le redoute et le recherche !

Martine a des mains, des lèvres partout

Avec infiniment de douceur,

Elle souffle sur mon sexe

Et me titille

Elle gémit

Tout s’accélère

Elle ruisselle dans ma bouche

S’empare de moi et m’agite.

Elle gémit de plus belle

C’est trop, arrête !!!

Je ne suis qu’un pantin

Entre ses mains, entre ses lèvres

Je ne suis qu’un marin qui va se noyer

Se répandre en prenant le ciel et les étoiles pour témoin.

Arrête, ralentis, je vais inonder l’univers.

« Prends-moi Jason, prends-moi »

Je m’écarte

Elle s’ouvre

Et j’entre en elle.

C’est facile

Si facile

Si c’est ça

Je glisse en elle

Je …

Moiteur

Chaleur

Je …

Savoure cette première fois

Presque fier

Et tellement amoureux

Ca fournaise tout autour de mon sexe

De moi

Je n’ose bouger tant je suis tendu.

Tout moi savoure cet instant fugace

Ce ne sera plus jamais ce moment

Prend ton temps camarade

Apprécie

Fugace

Tellement fugace

Martine se tortille

Son bassin s’enroule

Autour de mon sexe

J’ébauche un mouvement

Une caresse

Quelques va-et-vient prudents

Oui,

Oh oui,

Je suis au bord

Viens ma belle !

Viens.

Oh !

J’éjacule !

Furieusement

OUIIIIIIIII !

Martine au diapason répond à mes cris.

ENCORE Jason, ENCORE

ACCELERE !

OUIIIIIIIII !

Reste mon Jason

Reste encore un peu !

Trop brève sensation de plénitude.

Encore et encore !

Mon Royaume pour ce frisson !

Mais déjà, nous sommes loin.

Déjà, je sais qu’elle est en manque de moi

Pas tout à fait comme je suis en manque d’elle.

Alors, elle me garde,

Elle me caresse les cheveux et la barbe,

Me parle comme à l’homme que je suis devenu,

Comme à l’enfant que je suis encore un peu.

« C'était la première fois »

Elle, je sais qu'elle est mère,

D’un nouveau Jason,

Qu'elle se vit comme responsable de ce moment unique.

Elle sait qu'elle sème une graine.

Une graine qui poussera,

Qui germera,

Qui deviendra tendresse,

Ecoute de l'autre.

 

 

Dans la Bretagne

Qui retrouve son souffle

Avant de le reperdre à nouveau

Son amour à elle est palpable.

Il parfume cette nuit, il commande à la mer.

Il est univers.

A cet instant là, et pour les siècles des siècles, je lui appartiens.

Plus jamais, je ne revivrai un moment semblable.

Et si des siècles plus tard, lorsque je t'écris, je m'en souviens encore,

C'est que cet instant est gravé dans la mémoire de mon corps,

Qu'il fait partie de la mémoire de mon âme.

Lorsque je ne serais plus que poussière, son aura demeurera.

 

 

 

 

Dominique Friard.