Couleur femme
J’ai jeté ma palette et mes couleurs
J’ai bercé tendrement ma douleur.
J’ai pris mon porte-plume et l’encrier
Je me suis retenu pour ne pas crier.
J’ai raturé quelques mots sur le papier
J’ai tout effacé, je ne pouvais le nier.
J’ai sorti ma clarinette de sa boîte,
J’ai fixé l’anche, les mains moites.
J’ai poussé quelques sons déchirants
Ma voix s’est éteinte en soupirant.
Mon art est trop pauvre pour peindre
Les couleurs de l’amour.
Mon art est trop chiche pour geindre
Ta peau de velours.
Il faudrait les battements de mon cœur,
Le sang qui coule dans mes veines,
La fièvre qui réveille ma torpeur
Et dissipe toutes mes peines.
Mon art est trop pauvre pour chanter les couleurs
De notre amour.
D.F.