Ainsi s'efface

Ainsi s’efface

 

Il suffirait d’un sourire

Un sourire tout simple

Un sourire de coin des lèvres

Il suffirait d’un sourire

Pour que ton visage se grave en moi

Je pourrais défier le temps

Le désamour

La mort même

Un sourire

Une lueur sur ton visage

Pour lutter

Contre l’oubli

Contre le petit néant

Qui affadit la vie

Qui étouffe les êtres aimés

Les précipite dans les limbes

Un sourire

Une fenêtre ouverte sur ton âme

Amour, mon amour

Les regards s’effacent

Sans ardoise magique

Je circulerais dans la ville

Entre un sex-shop

Et la rue Cléry

Sans reconnaître ton visage

Mes bottes résonneraient dans la ville

Je passerais devant l’hôtel Bonne Nouvelle

Qui a changé de propriétaire

Sans reconnaître

Ce regard qui m’a tant fait rêver

Un sourire

Rien qu’un petit sourire

Les regards s’effacent

Les hôtels changent de propriétaire

Les chambres d’amour sont désertées

Les lits de plus en plus petits

N’abritent plus que quelques cauchemars

Vers-luisants

Les poèmes érotiques de Verlaine

Ne sont plus déclamés

A la Lune

Amour, mon amour,

Un sourire, s’il te plaît

Avant que

Avant que …

 

 

Les regards s’effacent

La vie est une farce

Qui me laisse amnésique

Avec un grand vide dans le cœur.

 

 

D.F.