Amours buissonnières

Amours buissonnières

J’ai toujours aimé les détours

Le plus court chemin d’un point

A un autre c’est l’amour.

Point à la ligne.

 

 

J’aime l’amour buissonnier

J’aime semer des petits cailloux

Sur ton corps

Et les récolter à bouche goulue

C’est excellent pour la rhétorique

Amoureuse.

 

 

Amour, mon amour,

Je t’aime pas qu’un peu.

Je le disais l’autre jour à l’un de tes seins,

Il en était tout turgescent.

L’autre, jaloux, onomatopait :

«  Idikoi ? Idikoi ? Idikoi ? »

Beaucoup, pas beaucoup ?

Qu’importe la quantité pourvu qu’on ait l’ivresse.

Passionnément ?

Ah les grands mots !

Toujours les grands mots

Et le poison comme ultime remède

Toi Juliette, moi Roméo

On capule, on montaigue

Une histoire de nombril

De mont de Vénus.

A la folie ?

L’amour aurait-il des raisons

Que la raison ignore ?

Toute cristallisation serait déraison

Démesure, mégalomanie ?

On brûlerait d’amour

Par les deux bouts ?

Pas du tout ?

Ce serait plus sage.

Pas de risque.

On respecte le protocole amoureux à la lettre

Un baiser enflammé

On caresse les seins

On descend à l’entresol.

Un petit cuni pour te mettre en train

Pendant la fellatio

Pénétration

Quelques va-et-vient

Quelques savants mouvements des reins.

Et zou, vers la libération finale.

C’était bon ?

Un peu mécanique peut-être

De la fantaisie ?

J’aime l’amour buissonnier.

 

 

Te rencontrer

Au détour

D’une phrase,

D’un geste.

Te croiser nue

Au sortir d’un bain de littérature

T’aimer poétiquement ou prosaïquement

Belle marquise,

Vos yeux beaux

Mourir

D’amour me font.

Gentilhomme avant tout.

Jouissez la première ma belle anglaise.

Des tours, des détours.

Pas de compte-tours

Se nicher au creux de tes pages

Se laisse feuilleter

Le doigt mouillé

Jusqu’au mot fin.

Des tours,

Des détours d’amour.

Et ton corps que je parcours

Le nez au vent

Le sexe à l’air

La bouche en cœur.

Qu’est devenue la marguerite ?

D.F.