Guérir ?

Guérir ?

 

Guérir,
Je veux guérir de cette femme aux yeux de panthère
Je veux me l'extirper du dedans
Je veux retrouver le goût des caresses sifflantes
Je veux de l'audience et des géodes.

 

Guérir,
Qu'importe le goût de l'alexipharmaque
Qui antidotera le poison brûlant
Qui me consume.
Ton silence algide me tétanise tant
Que mon âme se dessèche.

 

Guérir,
Malgré le secret terrible
Qui éclabousse de lumière nos derniers jours.
J'aurais pu en mourir ...
J'aurais pu, moi aussi,
Rendre les clés de mon âme
Et m'éteindre dans la joie
D'une vieille pagode,
Meurtri d'un silence à découper au chalumeau.

 

Guérir,
J'en sais le chemin.
Sous le couperet, je n'ai pas mis la tête,
Chère alouette ...
Tu vas, tu viens
Avec la mort en pointillés.
Le poète survit toujours
Et ses mots te sont un vivant reproche,
Malgré lui.

 

Guérir,
Sans pardonner la violence
Sans oublier la guérilla obscène,
L'inceste grammatical
Qui te lie à lui.
Guérir,
Comme une libération
Surfer sur la vie
Comme un cerf-volant
Qui plane haut dans le ciel de tes yeux.


Guérir,
Comme un salaud ordinaire
Abandonné par sa gorgone adulée
Guérir et t'abandonner
Comme une mademoiselle Toutlemonde
Qui cache en son sein de l'aconit et de la cigüe.

J'écoute ...
Un silence bien trop éloquent.
Les yuccas souffrent
L'aspic quitte mon sein
Je ne connais que trop la science
Qui nous scie
Plantureux, charnel
Charnus.

 

 

 

Je vis ma belle et je sais.

 

 

 

D.F.