Les ailes de l’amour

Les ailes de l’amour

 

 

Et je tombais, tombais, tombais, tombais

La chute paraissait sans fin

Je cherchais à m’agripper

A je ne sais quoi

Rien

Que des parois lisses

Et une chute interminable.

Il aurait fallu que je me réveille.

Il aurait fallu que je me sache dormeur.

Allais-je me fracasser au sol ?

Allais-je atterrir en douceur sur un tapis de mousse ?

Un rêve dans le rêve.

L’amour donne des ailes.

Une phrase,

Une phrase ne cessait de retentir en moi

L’amour donne des ailes.

Et je tombais, tombais, tombais, tombais

L’amour ?

Quel amour ?

Notre dernière dispute remontait à la veille.

Je ne me souvenais plus du prétexte.

Une histoire de disponibilité sûrement

Je ne suis jamais assez disponible

Je ne suis jamais assez présent

Quelque chose de moi échappe aux femmes

A toutes les femmes

J’ai beau expliquer que c’est intrinsèque

Que je ne peux pas faire autrement

Pure perte

Je parle, j’explique en pure perte

Mais comment expliquer ce qu’on ne comprend

Qu’imparfaitement ?

Et je tombais, tombais, tombais, tombais

Dans le noir de la tombe

Je criais silencieusement

L’amour ?

Une absence à l’autre ?

L’amour donne des ailes.

Mon corps était de plomb

L’attraction terrestre m’entraînait vers un gouffre

Sans fond

Où grouillaient des je ne sais quoi.

L’amour ?

Toujours l’amour

Comme une quête effrénée

Comme une fiance sans cesse différée

Tu doutes Hecktor

Tu doutes

Et ça te plombe

Et ça t’entraîne vers la tombe

Vers la ténèbre

L’amour ?

Comme une lumière qui éclairerait le monde

L’amour ?

Un fragile lumignon qui prêterait

Un peu de sens au monde.

Je dormais

Et je chutais, tombais, chutais, tombais,

L’amour donne des ailes.

Et si,

Et si,

Et si,

Les ailes déployées

Je n’en poursuivais pas moins ma chute

Et si cet amour,

Pardonne-moi amour, mon amour

Et si ce lien qui nous unit

N’était que pacotille

Que fanfreluches,

Que semblant. ?

Et si mes pauvres ailées déployées

Se fracassaient

Malgré tout ?

S’écraser avec l’espoir

S’anéantir avec le doute

En croyant que

En croyant qu’il

Aurait suffi de déployer ses ailes

Ou se fracasser écrasé de désespoir

Dans un monde déserté par la foi,

Par l’espérance et l’amour ?

 

 

 

D.F.