Putrescence
Le bonzaï souffreteux que j’humecte
Avec une pipette
Attend le printemps.
Le varlet brinquebalant
S’habille d’une chemise
Aux couleurs d’automne.
Sur le chevet
Une histoire naturelle de la mort
Collection l’âge d’homme.
Dis, quand vas-tu te décider à l’ouvrir ?
Une robe de chambre, noire,
Est suspendue à la patère.
Le matelas en vrac
Tente un putsch.
La couette martyre
Soupire
Sur le green.
Les longs, les jolis putts
Ne sont que souvenirs.
Pas de pyjama
La nuisette est en coton.
Ithyphalle en panne
Désir en berne.
Une traînée de jour
N’en finit pas de mourir.
Ombre et pénombre.
Une photo de Punta Arenas
Amour en partance
Pot au noir
Les bobines d’auto-induction
Se sont évanouies.
Pupinise-moi.
Amour, mon amour,
Je ne veux pas d’un destin à la Puyi
Le seul jardin botanique que je désire
C’est celui qui fleurit
Au creux de tes reins.
Le bonzaï que j’humidifie
N’est qu’un ersatz.
Un peu de bruit parmi les choses de la chambre
A peine un souffle
Et la vie qui s’éloigne.
Notre chambre,
Un marais,
Un pourrissoir.
D.F.