Que tu ne tueras pas

Que tu ne tueras pas …

 

Je sème ma peine,

J’écris contre ta haine.

 

Que ces chants d’amour, ces cantilènes

Qui résonnent comme des rengaines

Te soient un rappel du jardin d’Eden.

Nous y flânions, nous arrêtant sous l’ombre d’un chêne.

Nos baisers à perdre haleine

Nos corps en fredaine

L’amour et la faridondaine.

 

Je sème ma peine,

Je crie contre ta haine.

 

Cette colère soudaine

Qui me broie la couenne

Qui infarcte mon cœur d’ébène.

Cette hargne diluvienne

Qui plonge mon âme dans la géhenne

Qui m’emprisonne dans des chaînes

Qui m’aliènent

Je voudrais l’apaiser d’une neuvaine.

 

Je sème ma peine,

Je crie contre cette haine.

 

Ô femme de porcelaine,

Marylène, croquemitaine,

J’assume ma cinquantaine

Loin de la Toulousaine.

Faisons fi de cette haine

Qui nous entraîne

Loin, si loin de la claire fontaine.

Je t’offre mon amour comme étrennes.

Je sais le deuil qui te gangrène,

Je comprends ta solitude contemporaine

Je devine que ma présence t’obscène.

Ô femme de porcelaine

Je ne suis pas qu’un mât de misaine.
Je suis un cœur qui bat, qui saigne.

 

Je sème ma peine,

Je prie contre ta haine.

 

Je sème mes cailloux de poète, digue dondaine

Je saigne un chant d’amour et de peine

Qui renaîtra chaque jour, ô ma lointaine.

Face à la mort quelques phrases pérennes …

Mes vers que tu ne tueras pas, ma reine.

 

D.F.