Sans t’émouvoir

Sans t’émouvoir

 

Il faudrait fouiller l'histoire

Pour y trouver une miette d'espoir.

Il faudrait scruter ma mémoire

Se laisser happer par ses mâchoires

Racler tous mes tiroirs

Et fracasser le miroir.

 

 

Mon amour, bonsoir

Pardonne-moi ces mots de peu d’espoir

Ton silence m’est un équarissoir,

Qui remugle comme l’abattoir

De Sisteron quand la nuit est dérisoire.

 

 

Il faudrait disséquer l’histoire

Pour y dénicher une poussière d’espoir.

Il faudrait que j’arpente le couloir,

Le long couloir qui mène à l’isoloir

Pour qu’un jour tu puisses y croire.

Nos amours te paraissent illusoires.

Tu as trop fréquenté le désespoir

Trop concassé de noir.

La mélancolie est ton territoire

Tu survis dans ce triste mouroir

Avec quelques accessoires :

Un mec pour l’aléatoire

Un sex-toy comme sublimatoire.

 

 

Mon amour, bonsoir

Pardonne-moi ces mots exutoires

Ton silence m’est un laboratoire

J’y explore un néant conjuratoire.

Je meurs chaque jour sans t’émouvoir.

 

 

Il faudrait remercier l’histoire,

La nôtre, ce texte abreuvoir

Qui me désaltère sans le savoir.

Tu peux jouir de ton pouvoir,

De cette liberté qui n’est que purgatoire.

Tu peux m’éradiquer à titre provisoire

Je peux être l’image repoussoir

Qui t’épargne un deuil étouffoir.

Je ne me coifferai pas d’un entonnoir

Je ne me jetterai pas dans la Loire.

Je ne me perdrai pas dans la Forêt-noire.

 

 

Accroché, rivé à cette écritoire

Je décortique notre histoire

Je creuse encore et encore notre terroir

J’en ferai un grimoire

Que je porterai comme un ostensoir.

 

 

Mon amour, bonsoir

Pardonne-moi ces mots libératoires

Je brode des textes déversoirs

La vérité est ailleurs, dérisoire

Ou peut-être illusoire.

J’explore un néant conjuratoire.

Je meurs chaque jour sans t’émouvoir.

 

 

 

D.F.