Survivre

Survivre

 

 

Debout, près de la porte

Loin, si loin du seuil

Comme une morte

Dont on porterait le deuil

Debout, en noir,

Près de la porte

Figé

Perdu dans mes remords

Qui ne peuvent être regrets

Je songe à un geste

Un geste

Qui réveillerait l’univers

Etriqué d’une petite

Maison aux volets verts

Qui s’écaillent.

 

 

Debout, près de la porte,

Frappé d’espoir

Un texte érigé

Comme un amant matamore

Des frissons le long du magret

Gangrené par la peste.

 

 

Debout, près de la porte

Je me consume.

Je vais, je viens

Je viens, je vais

Franchir le seuil

Entrer

Amour, mon amour

Sans toi je ne puis

A quoi bon ?

 

 

Loin, si loin

Du seuil

Changes-toi

Du noir

Pour porter le deuil

Du noir

Pour dissoudre la lumière.

 

 

Debout, près de la porte

Le temps, cataclope

A la vitesse d’un Mont Saint Michel

Au galop

Le temps joue les filles de l’air.

 

 

Debout, près de la porte

Je me couvre la tête de cendres

Et mon corps s’empoussière

Une araignée a fait son nid

Dans mes cheveux

Une fourmilière a élu domicile

Entre mes jambes.

 

 

Debout, près de la porte

Il faudrait

Je devrais

Les dés, les dés

Un nombre pair je franchis le seuil

Un nombre impair je m’enfuis

« Hecktor ? »

« Oui. ».

 

 

Debout, près de la porte

Elle m’appelle.

« Deux »

Les dés sont jetés

Ils ont roulé

« Deux »

Nombre pair.

Pas le choix.

 

 

Demain, je serai debout,

Près de la porte

Quelque chose

D’un nous survit

Quelque chose d’un nous

Que je ne peux me résoudre …

 

 

D.F.