Un matin de cimetière

Un matin de cimetière

 

Et les statues pleuraient
Blotti dans ton silence
J’observais ces abattures amoureuses
Tatouées sur mon cœur.
Sèche tes larmes, Artémis
Ce crachin ne durera que le temps d’une lecture.
Le silence, ça se partage
Ça s’interprète aussi.
Et tant pis si j’aberre
Le mal est sans espoir
Il faut le taire.
J’ai déposé quelques fleurs coupées
Sous l’essuie-glace de ta yaris.
Triste expédient pour abandonnique.

Et les statues pleuraient
Et je m’abniais
Dans l’espoir d’un ultime abouchement.
Je rêvais ton corps,
Tes baisers.
Je rêvais ta main sur moi
La lumière dans ton regard
Comme lors de cet après-midi sublime
Près de la Drôme.
Rien n’était perdu
Le désir circulait.
L’aboulie a succédé à l’euphorie.
L’univers est devenu abscons, abstrus.
Notre accordance s’est fracassée
Contre cette colère qui dure
Et qui s’entretient
De maman bobo, de maman partout.

Et les statues pleuraient
Réfugié dans ton silence
Je n’étais qu’une ombre
Près de la tombe
Où mère et fille
Se recueillaient.
J’attendais un signe
J’espérais que Cupidon se réveille enfin
Mais la Folie le guidait ailleurs
Vers d’autres amours.
Je te voulais absoute
Mais il te fallait encore et encore te sacrifier.
Ton acédia contaminait l’univers entier.
J’en étais le faubourg, la périphérie
Et mon cœur était gros des douze univers.

 

D.F.