Un peu de suie
Un mot, puis un autre,
Une suie de mots
Qui témoigne que cet amour
N’est que l’ombre de lui-même.
Le grand brasier de l’origine
L’a consumé.
Un mot, puis un autre
Une suie de mots
Ecrits
Noir sur noir.
De la suie qui durcit
S’agglomère
Jour après jour
De la suie qu’il faut gratter
Avant le grand ramonage.
Un mot, puis un autre
Contre la suie
Contre cette fine poudre noire
Qui s’insinue partout
Dans chacun de nos pores
Et nous asphyxie.
Amour, mon amour
Il faut que je te ramone
Que tu me ramones.
Etoile des neiges
Mon cœur amoureux
S’est pris au piège
Des jours nombreux
Qui s’égrènent.
Le petit savoyard
S’est endormi
Laissant l’amour s’encrasser.
Un mot, puis un autre
Afin de ranimer la flamme
Des mots comme des oriflammes
Qui claquent au vent
Qui proclament urbi et orbi
Que la passion couve
Sous la cendre
Qu’il suffit de rajouter une bûche.
Un mot, puis un autre
Et ton visage qui s’éclaire
Et ce baiser que tu déposes
Sur mes lèvres
Alors que tu me crois endormi
« A ce soir … »
D.F.