Un tendre blasphème
Je vais chaque soir
Dans les rues enchevêtrées de noir.
Je vole chaque soir
Vers un impossible espoir.
Je rêve de l'instant triomphal
Où tu me diras ce blasphème :
"Dom, je t'aime !
Laissons-là les deuils,
La culpabilité que nous ne pouvons assumer.
Pardonnons-nous cette haine
Même et surtout s'il s'agit d'un impossible pardon.
Dom, je t'aime !
Partons tous les deux pour une commune randonnée."
Je rêve chaque soir dans les rues
De tes bras, de ton sourire vrai
Je rêve que ton âme s'éclaire
Que ton cœur te devienne transparent.
Je vais chaque soir dans les rues
A la recherche d'une chimère
D'un "Je t'aime" qui déchirerait
La haine qui t'habite et te tend.
Et chaque soir devant ta yaris,
Le désespoir dans l'âme
Blanc dans le bois noir,
Je meurs.
Loin du bal et des flonflons,
Perdu dans la ville humide
Entouré de touristes du cœur,
De velléitaires de l'amour,
Ma vie s'assoupit.
Mes épaules s'affaissent,
Un soupir infini,
Je repars ...
D. F.