Une main sur un bras
Dans un livre
Que je n’aurais jamais lu
Une main sur un bras
Un homme, une femme
Une table ronde
Un silence oppressant
Des larmes qui tissent
Une conversation anorexique
Le bois dans la cheminée
N’ose
Pas de crépitement
Le cri du couteau
Qui découpe la viande mal cuite.
Le bruissement d’une fourchette
Qui cueille
Des légumes fades.
Dans un livre
Que je n’aurais pas lu
Une main sur un bras
Du pain rassis
Un homme, une femme
On se meurt de silence
Autour de la ronde table
Il faudrait dire
Dire ce qui ne peut se dire
Il faudrait croire
Une main sur un bras
C’est un peut-être
Peut-être encore
Encore un peu
Peut-être
Avant que le silence
Ne taise pour de vrai
La vie
Une main sur un bras
Avant qu’il ne soit trop tard
Une pression
Une imperceptible pression
Qu’elle presse, nom de Dieu
Que je puisse lui répondre.
Qu’il ne croit pas que c’est arrivé
A lui le premier pas
A elle la première pression
Une main sur un bras
Dans un livre que je n’aurais pas lu
La table, la cheminée
Oubliées
Juste une main sur un bras
Et le temps qui s’arrête, là.
D.F.