L’absente
Un homme mue
Sa fille vit
Et entre sans frapper
Dans la confrérie
Des traqueurs de bonheur.
Un homme, sa fille,
Seuls
Le rêve des sans-culottes de l’inconscient
Le fantasme des adeptes du Nouvel Homme
Grincements
C’est la cage ouverte
Pour l’oiseau blessé
Le point de suture
Du décapité.
Un homme, sa fille,
Seuls
C’est la chaleur
La joie qui emplit le cœur
C’est la femme à modeler.
La femme à rêver
Chante comme une sirène.
Qui trame une fée
Tisse une sorcière.
Cette solitude à deux
C’est l’homme tentacule,
L’homme macrophage
Qui dévore tout.
C’est le père tendre
Unique réceptacle
Où gazouiller l’amour.
C’est le seul corps qui reste à chérir
Le seul être à câliner
Le seul qui câline
C’est le seul qui nomme.
Un homme, sa fille
En devenir.
Tant à apprendre
Tant à vivre
Tant de bonheurs à connaître.
Etre
Et ne pas coloniser
L’autre.
D.F.