L’affaire est classée ?

L’affaire est classée ?

 

L’affaire est classée ?

Vraiment ?

Classée

Classée.

 

Question unique, souveraine

Qui provoque mon désarroi

Question sans haine

Ni émoi.

Question répétée, serinée,

Ruminée

Dans chacune de mes éternités.

 

L’affaire est classée ?

Et je suis quoi ?

Un cheval fou qui erre dans les ruines des twin towers ?

Un jour d’orage

D’obscurité

Qui affaiblit le courage ?

J’ai soif de toi

De ta présence.

 

L’affaire est classée, archivée ?

Vraiment ?

Et sans toi que suis-je ?

Un homme sans rêve

Une ivresse sans trêve

Une caresse esquissée vite regrettée

Un remords

Un bonheur avorté ?

 

L’affaire est classée, archivée, étiquetée ?

Les jours sombrent

Comme une fête des mères sans maman

Comme une marâtre de conte de fées

Comme une mère qui ne consolerait pas

Qui me regarderait m’empêtrer dans mes chagrins

Loin de toi ?

J’ai mal

Je suis triste

Comme un p’tit Dom abandonné.

 

L’affaire est classée ?

 J’ai perdu mon support

Ma consolation, ma joie

Je n’ai plus que faire au monde

Que te chercher

Encore et encore

Sous les cailloux du petit Poucet

Dans les recoins de la maison de la sorcière

Loin de toi ?

Le pain d’épices a un goût amer.

 

L’affaire est classée ?

Vraiment.

Etais-tu si loin de moi

Que notre amour ne soit qu’une affaire, qu’un dossier ?

 Si proche

Si loin

Tu ne m’entendais pas

Tu ne me voyais pas

Et pourtant, nous dormions dans le même lit.

 

Loin de toi ?

De toi

De toi

Je ne suis qu’un à-peu-près

Un pas tout  fait

Un presque rien.

 

J’ai tant appris de toi

De toi

De toi

Qu’il me faut désapprendre tout ce que je sais.

 

J’ai tant appris de toi

Qui perle de bonheur a souvent les yeux Christ

J’ai tant appris

Que le Chatel n’est qu’un bonnet de Calvin

Qu’un frisson partagé est déjà regretté,

Que si l’amour ne dure qu’un moment

La haine, comme l’avenir dure longtemps.

 

L’affaire est classée ?

Un procès qui n’en finit pas

Une horde d’avocats à quérir sans fin

L’affaire est classée

Tu l’as dit

De ce ton froid et cassant

Que tu prends pour me déchirer.

 

Je n’ai pas fini de t’interroger.

 

 

D.F.