L’héritier

L’héritier

 

Changer ses draps

Faire son lit

Pour qui, pour quoi

Personne ne viendra

Que moi.

 

 

Il y a quelqu’un

Quelque part

Qui m’attend.

Il y a une question

Quelque part

Dont je suis la réponse.

 

 

Au fond de mon cœur

Un spasme de liberté

Un album jauni de

Tu n’es plus là.

Délire d’éternité

Que je boirais au feu

De nos instants nuage.

 

 

Et le temps passe

Les instants s’évaporent

Mes instants sont forgés

De tapis à décrasser

De vaisselle à nettoyer

Pauvre vie végétative

Où les fonctions vitales sont

Dévoyées.

 

 

Il y a quelqu’un

Quelque part

Qui m’attend.

 

 

Je porte en moi

Notre vérité

Notre liberté

Notre amour

Dieu, que les amours mortes

Sont lourdes à porter.

 

 

 

Tous les jours

C’est dimanche

Dans le ventre vide et sec

De ma boîte aux lettres.

Nulle bouteille à la mort

Ne s’échoue

Sur la plage de Lonesomeland

Où j’habite.

 

 

Il y a quelqu’un

Quelque part

Qui m’espère.

Il y a quelque part

Une serrure dont je suis la clé.

 

 

Je suis l’héritier

De nos étreintes

De nos fragments d’éternité.

 

 

Et mon corps hurle à la vie

Et ma main dispense

Un plaisir sec et ténébreux

A mon corps

Assoiffé

De caresses, de tendresse.

 

 

 

Il y a quelqu’un

Quelque part

Qui m’espère.

Il y a quelque part

Un cœur

Pour mon cœur.

 

 

D.F.