A l’aventure

A l’aventure

 

 

La musique et l’amour, habillés de toujours,

Sont partis ce jour, à l’aventure.

La plume au vent, les deux compères

Sèment des sourires au cœur des amants.

Embarque-nous mon aimée.

Suivons-les jusqu’au Nord

Ecoute les trompettes de la vie !

La casquette en arrière,

L’air un peu canaille, l’amour slame

Dans les banlieues abandonnées.

Les poissons ont déserté les étals.

Ils agonisent, à Donges, sur la plage emmazoutée.

Etrange danse du ventre !

La musique raille les bénéfices occultes,

Les paradis fiscaux,

Les cadeaux bonus fabriqués par les taulards.

O mon aimée, il nous faudrait chanter

Pour ne pas pleurer.

Comment s’aimer sereinement dans un monde qui déraille ?

La musique et l’amour sont partis

Témoigner que l’homme qui porte couronne

Creuse sa tombe et tombe de haut.

L’amour est un brasier,

La vie une cloche fêlée

Qui n’en finit plus de tinter.

Entend le glas mon aimée,

Entend cette vie qui s’en va.

Les nids d’hirondelles sont désertés

Elles ont été expulsées parce qu’elles

Ne payaient pas leur loyer.

Qui chantera le dies irae,

La colère sacrée des guerriers,

Que l’on avait habillé pour un autre destin ?

L’amour et la musique volent de concert.

Notre amour est un aigle qui vole haut,

Très haut, par delà la misère quotidienne.

Les tambours n’en finissent pas de résonner.

Il ne restera bientôt plus

Que quelques rochers abandonnés,

Désertés, désherbés.

La musique et l’amour, partout on semé

Les couleurs douces de la charité bien ordonnée.

Je voudrais, mon aimée,

Tourner le dos à toute cette tristesse,

A ce réchauffement climatique titanic.

L’espoir est une araignée qui se planque dans un coin,

Un couteau sans lame, sans manche, un rictus.

La musique et l’amour courent dans les herbes

Sauvages. 

Les signes de l’ombre sont avant-coureurs.

Des fleurs tachetées d’azur parfument

Le peu d’humains qui restent à sauver.

La musique et l’amour, habillés de toujours,

Sont partis semer l’espérance.

Qu’importe, mon aimée, que le combat soit perdu

Il faut le mener.

 

 

D.F.