La neige brune
Je suis le millefeuille d’un buisson ardent.
J’écris des poèmes par passion
Et quand l’amour me prend
Une route s’ouvre vers la brume
Il faudrait que je te raconte le chèvrefeuille
L’esprit qui pleure, qui prend le deuil
Chaque fois que tu t’absentes.
Je suis le millefeuille d’un buisson ardent.
Une route zigzague dans mon esprit.
Les fruits murs sont gorgés de bonheur,
Pomme, pomme je me ferais écureuil
Pour amasser des baisers pour l’hiver.
Je monterais la garde devant ma provision de plaisir.
Chaque fois que tu t’absentes
Je prends le deuil
Sur une porte jamais close.
Je suis le chèvrefeuille qui mousse dans tes vallons
J’erre entre tes sphères que la tendresse habite
L’encre sèche sur la neige qui fond.
Une sangsue suspendue à l’oreille
Suture mes plaies d’amour.
Je te dirais, je te dirais
Les kakis qui m’initient à la saveur.
Epluche-moi, mon aimée.
Raconte-moi le spectacle étrange
De ce petit rouge-gorge qui tricote dans la neige.
Je suis le chèvrefeuille qui chante dans la forêt.
Les bogues craquent sous mes pieds nus.
Les pépins chantent dans la cheminée.
Tu m’emmènes dans une promenade féérique
Au pays de tes lèvres.
Je ne suis qu’un tribunal très fragile
Qui ne sait que gracier les amoureux.
La guillotine pour la castration
Une fleur gracile pour la reconquista.
Je suis un millefeuille qui hante ton buisson ardent.
D.F.