Le tortillard

Le tortillard

 

 

Le lendemain matin, tu étais là,

Toute ensommeillée de notre nuit.

Nos corps qui s’éveillent,

Nos yeux qui s’ouvrent à la lumière

D’un jour nouveau.

L’amour résiste au quotidien.

 

 

Bien sûr, il faut gagner sa vie

S’activer pour un salaire

Qui nourrira nos enfants,

Mais l’amour.

Justement l’amour

Rayonne au mitant de notre lit.

Dans ce petit matin clairet

Nos corps se retrouvent et s’épousent.

L’amour est un joli bébé

Qui tête allègrement.

 

 

Le chemin de fer ponctue nos rendez-vous.

Nous nous aimons comme des Américains.

Toujours entre deux trains

Nous semons nos baisers dans les couchettes.

Notre amour est un corail.

Un tortillard qui chemine dans la montagne,

Au-dessus de l’abyme,

Magnifié par la neige qui étouffe

Un monde où l’on ne peut que gagner sa vie.

 

 

Le lendemain, tu seras là

Mon corps s’en souvient.

Vitaminé par cette vie qui l’habite

Mon cœur gambade dans ma poitrine.

 

 

D.F.