Vagabondages

Vagabondages

 

 

 

J’étais un vagabond, un hobbo.

J’errais sans feu ni lieu.

Tu m’as souri.

Tu m’as offert une tisane de concombre yin.

Tant de tendresse infusée

Que je me suis assoupi au creux de tes bras.

 

 

J’étais un vagabond, un errant

Mon lit de feuilles mortes était une bien triste couche

Je macérais dans mon amertume yang.

Mes idées fermentaient.

J’en buvais l’aigreur chaque matin.

Tu m’as souri.

Tes yeux étaient une douce compresse

Sur mes plaies qui suppuraient.

Je me suis assoupi au creux de tes bras.

 

 

J’étais un vagabond, un pouilleux

Mon dépouillement n’était pas un effet de style.

Le désordre de mon âme dépeuplait la terre entière.

Je mendiais un regard, l’esquisse d’un sourire.

Dans le panier du bourreau, ma tête ricanait.

Aucun éditeur n’aurait accepté un tel manuscrit.

Tu t’es posée sur ma table de travail.

Tu as partagé mes douleurs.

J’ai mis au monde quelques pauvres mots éblouis.

Je me suis endormi au creux de tes bras.

 

 

J’étais un vagabond, un triste sire.

Tu m’es apparue décoiffée, la tête dans la brume.

Tu étais une promesse.

Nous l’avons tenue.

La vie a tutoyé des délices que les mots n’osent

Dire.

J’ai pris un air sérieux,

En suçant mon pouce,

Je me suis assoupi au creux de tes bras.

 

 

J’étais un vagabond, un va-nu-pieds,

J’étais une grenouille perdue sur son nénuphar

Il a suffit d’une saute-ruisseau.

Un baiser, un cataclysme vasculaire.

Le printemps a explosé.

La vie s’est mise à bourgeonner.

Je ne vagabonde plus que sur ton corps.

 

 

D.F.