S'il fallait au monde présenter mon pays, je déroulerais un tapis d'herbes vertes et gorgées de soleil.
J'ouvrirais les rideaux sur ses courbes ondoyantes qui accueillent cours d'eau et étangs secrets où grenouilles et oiseaux de passage prennent le bain pour échapper à la chaleur fugace des étés qui brûlent les gorges.
Je dirais le bleu des pierres des maisons et le rouge des briques des corons. Je n'oublierais pas les forêts sombres qui se souviennent encore des bottes ennemies, qui se souviennent des éclaboussures de sang, de corps qui souffrent contre l'écorce des troncs.
Je glorifierais les montagnes noires de charbon, qui ont vue les gueules noires revenir de l'enfer, qui ont vue les émeutes du premier mai et les amoureux de la petite reine s'épuiser sur les pavés.
Je dirais les gens qui savent sourire sous la pluie et pleurer en secret, les coups de colère et les coups de grisou, la mer grise qui resplendit de bleu acier quand le soleil chauffe les galets, le sable blond.
Sans oublier le vent qui se soumet aux maîtres des Cerfs-volants, inondant le ciel de créatures venues d'ailleurs. Je dirais les légendes discrètes, les géants qui sortent de leur refuge pour saluer le peuple du Nord, les cicatrices de la terre et des hommes que l'on ne veut pas oublier, que l'on ne veut pas cacher.
Je dirais encore mon espérance dans cette terre mal connue faite de contradictions et de bleus à l'âme. Je dirais plus encor, je dirais moins encore. Je dirais mon amour pour ce pays qu'il faut toucher pour le sentir vibrer.
Je vous invite à écrire à partir de la contrainte qui construit tout le poème : « S’il fallait au monde présenter … Je dirais …. Je dirais encore. Je dirais plus encor, je dirais moins encor. »
Si la contrainte d’écriture est imposée, vous pouvez présenter ce que vous voulez : « S’il fallait au monde présenter mon chien, mon chat, mon poisson rouge, ma ville natale, le président, mon patron, etc.
D’après un poème de Marie-Thérèse Colimon-Hall (1918 – 1997).
A vous de jouer.