Comme un Rivage fatigué

Comme un Rivage fatigué

 

 

Un chant désespéré,

Déchiré comme le cri d’un pélican.

Un désespoir

Qui luit dans la nuit

Comme une chanson de mai.

Des chants

J’en connais d’immortels qui sont de purs sanglots.

 

Travaille ta terre camarade,

Gratte, gratte le sol garimpeiros

L’or est au bout du labeur.

Je travaille la douleur.

Il en est d’immortelles

Qui sont de purs sanglots.

 

Quand les idées se bousculent

Et vivent autonomes

Quand l’esprit n’est plus qu’une mécanique

Folle qui s’emballe et emballe toute pensée

Vers le néant

Quand l’angoisse broie le cœur dans un étau

Quand le corps n’est plus qu’une plaie

Que l’épouvante balaie

Quand la souffrance est un soleil qui se lève

Sur des jours plus sombres que des nuits

Quand la souffrance est une nuit de sépulcre

Qui fait s’entrechoquer le corps

Comme des dents qui claqueraient

Dans une bouche d’ombre

Quand ... Quand .... Quand ...

 

Tu travailles le sol camarade,

J’usine la douleur mon frère.

Pleure, pleure

Homme fatigué de lutter,

Crie ta douleur,

Laisse-toi envahir, déborder

Grave dans ta peau, au cutter, cette plaie qui n’en finit pas de suppurer

.....

Ca travaille, ça usine, ça perfore

Pleure, homme fatigué

Laisse-moi t’accompagner

Dans ce dédale qui se dérobe sous tes pieds.

 

Déverse-toi ma sœur,

Explose ces murs qui t’enserrent, t’emprisonnent

Et t’oppressent.

Ô femme égarée dans une réalité qui s’évapore,

Qui s’émiette,

Qui s’évanouit.

J’entends ta colère, tes insultes

J’entends combien cela te détruit.

NON !

Tu n’es pas seule.

Je suis comme un rivage où ta rage peut mourir.

 

Tu travailles ta terre camarade,

Tu récoltes le cuivre dans la mine, mon frère.

 

Je travaille la douleur,

Je la pétris,

Je la triture,

Elle entre en moi,

Me possède,

M’envahit.

Elle travaille en moi comme elle travaille en vous

Quelques mots

Une miette d’écoute

De ce plomb, naîtra peut-être une pépite d’or.

 


D.F.