Comme un Rivage fatigué Un chant désespéré, Déchiré comme le cri d’un pélican. Un désespoir Qui luit dans la nuit Comme une chanson de mai. Des chants J’en connais d’immortels qui sont de purs sanglots. Travaille ta terre camarade, Gratte, gratte le sol garimpeiros L’or est au bout du labeur. Je travaille la douleur. Il en est d’immortelles Qui sont de purs sanglots. Quand les idées se bousculent Et vivent autonomes Quand l’esprit n’est plus qu’une mécanique Folle qui s’emballe et emballe toute pensée Vers le néant Quand l’angoisse broie le cœur dans un étau Quand le corps n’est plus qu’une plaie Que l’épouvante balaie Quand la souffrance est un soleil qui se lève Sur des jours plus sombres que des nuits Quand la souffrance est une nuit de sépulcre Qui fait s’entrechoquer le corps Comme des dents qui claqueraient Dans une bouche d’ombre Quand ... Quand .... Quand ... Tu travailles le sol camarade, J’usine la douleur mon frère. Pleure, pleure Homme fatigué de lutter, Crie ta douleur, Laisse-toi envahir, déborder Grave dans ta peau, au cutter, cette plaie qui n’en finit pas de suppurer ..... Ca travaille, ça usine, ça perfore Pleure, homme fatigué Laisse-moi t’accompagner Dans ce dédale qui se dérobe sous tes pieds. Déverse-toi ma sœur, Explose ces murs qui t’enserrent, t’emprisonnent Et t’oppressent. Ô femme égarée dans une réalité qui s’évapore, Qui s’émiette, Qui s’évanouit. J’entends ta colère, tes insultes J’entends combien cela te détruit. NON ! Tu n’es pas seule. Je suis comme un rivage où ta rage peut mourir. Tu travailles ta terre camarade, Tu récoltes le cuivre dans la mine, mon frère. Je travaille la douleur, Je la pétris, Je la triture, Elle entre en moi, Me possède, M’envahit. Elle travaille en moi comme elle travaille en vous Quelques mots Une miette d’écoute De ce plomb, naîtra peut-être une pépite d’or.
D.F.