La chambre aux phantasmes
Le plafond qui a une jambe de plâtre
Lance des appels de salpêtre au diable par la queue leu leu
Un miroir, ombres chinoises, ne s’en faisant plus
Faisant comme chez lui
Avait décidé de fleurir en décembre
Comme si cela se faisait chez les gens bien …
La tapisserie en lambeaux
Enfourchait son balais d’éclopé éclopé
Pour aller clopin clopant à un obscur sabbat obscur
A la cour des miracles
Au cinquième arrondissement …
Sur le front de la lampe de chevet, hideuse, perlaient
Des toiles d’araignées
Symbole symbolisant une solitude filandreuse …
Le lavabo et son palais desséché
Se lamentaient lamentablement, ironisant
Sur la condition inhumaine des coccinelles à bon dieu …
Le réveil désespéré s’amusait à troubler le silence
En rugissant des cocoricos trouble-fête
Fête à qui au fait ?
Des livres épars se racontaient leurs histoires
Histoire de passer le temps, cependant que
La choucroute passait à la casserole …
Le soleil, ce connard de soleil refusait obstinément
De traverser la fenêtre pour réchauffer l’atmosphère
Psychiquement périlleuse de cette chambre à découcher …
Un lit défaits et gestes, à l’abandon, nostalgique
Peut-être même stratégique ou névralgique
Pensait à sa splendeur perdue
Au jeu du hasard et de l’humour …
Et là, juché sur sa table de travail
Un adolescent perverti
Criait de désir
Pour mettre en échec sa solitude …
Dominique Friard