Mon moi minable m’ennuie ma mi

Mon moi minable m’ennuie ma mie

 

 

Paître sur le grand pré de l’espoir

Comme une vieille souche

Attablée au banquet de sa rédemption.

Lapper son bol de vie

Sans passion.

Etre aux abois

 

 

 

Achromatiser la grisaille quotidienne

Pour un mistral de démence.

Enregistrer ses impressions

Sur le Grand Magnétophone.

Ecouter son cœur battre

L’esprit qui folâtre

Mon âme qui bellâtre !

 

 

 

Si j’avais une âme

La confiance souveraine de ma concierge

L’endormirait.

Si j’avais une âme

Je la rendrais

Si j’avais une âme

J’y mettrais la mort.

 

 

 

Je n’ai pas d’âme,

Je n’ai qu’un âne

Et quand mon âne est mort

J’ai rendu l’âne à Dieu

La mort dans l’âne …

 

 

 

Si je ne me mitonnais ma mort

Je fleurirais sans à coup

L’hiver de mes caprices.

Si je ne me mitonnais ma mort

L’hiver, le printemps et les tutti quanti s’entremêleraient

Au feu de mes passions.

 

 

 

 

 

Un spasme de liberté

Un livre oublié au nœud de mes délires

Désirs d’éternité

Que je boirais à notre Lune d’hydromel

 

 

 

Mon moi minable m’ennuie ma mie

 

 

 

Dieu doit être responsable de Tout

Le Grand Culpabilisateur

Le Grand Affabulateur

Le néant absolu

La divinité sado-masochiste des timides en au-delà …

 

 

 

Et puis quoi encore ?

Ton toi terroriste tétanise tes terreurs

Apprends donc à vivre

Sans Dieu

Sans mobile à tes médiocres remords

Sois ton arc-en-ciel

Fais flèche de ton droit.

 

 

 

Mon moi minable m’ennuie ami.

 

D.F.