Tendre Sur Espérance A Marie Quand le ciel sourira Aube sépulcrale d’un matin de Grand Soir Quand le ciel sourira Des canons innombrables tonneront Des consciences déchirées Des enfants torturés Des innocents périront comme A chaque fois Au Nom trois fois Saint De Révolution Islamique, Capitaliste, Communiste Quand le ciel sourira Les poètes, en deuil, enterreront Leurs lyres massacrées Malédiction ! Quand le ciel sourira Les hommes uniformisés Robotisés, automatisés Brûleront leurs anciennes idoles Pour vénérer les nouveaux dieux Imposés par l’Action Quand le ciel sourira Les Justes célébreront la Liberté Lynchée par la démission de tous Quand le ciel sourira La joie de vivre L’amour La tendresse Tuées à bout portant Par des hordes de fanatiques A la nuque rasée Par des fatidiques Tchadorisés S’exileront Dans un passé révolu Quand le ciel sourira Les proxénètes de l’art Académique Proclameront La déchéance De l’enthousiasme De la révolte De l’art convulsif Quand le ciel sourira Nous pleurerons Des larmes Résignées A moins que, à moins que, A moins que Le maquis Le désert Nous quémandent. Mais, Là-bas, A Tendre Sur Espérance M’attend la princesse des Songes Si les cordes de ma guitare En guise d’arpèges Sonnent le glas Si ma clarinette hurle Dans le suraigu Elle écarte d’un geste les ronces Et rêve pour nous Un univers utopique Si mes sarcasmes sont des larmes Qui grincent les dents Elle peint un « o » Sur mes lèvres émerveillées O bleu Encore et toujours Eau bleutée du narghilé Monde poétique parallèle Elle, La fleur jamais cueillie A peine respirée Devinée Enfant qui s’émerveille Perle Qui brille dans le sanctuaire Elle. Là-bas, A Tendre Sur Espérance Elle attend ma naissance. Le fracas du monde peut retentir Les autres me toiser Comme si j’étais Arabe, nègre Ou juste un schleuh, Un sale boche Elle prophétise Un monde où chaque prochain S’aimerait Un monde où chaque prochain Sèmerait De la lumière dans nos yeux L’archet du violon Distille Un musc pacifique Sur l’enfance Rires d’enfants Gazouillis Les otages de tous les Libans Les infirmières bulgares Les reporters à la plume arrachée Peuvent bien en être à leur vingtième Année de détention Il pleut des ris Les chaînes se métamorphosent Envolée d’oiseaux Les fleurs crèvent les serres Et, brusquement libérées Se roulent dans les blés En fleurs Les petits coquelicots Mélancoliques Ne sont que calicots Qui célèbrent l’amour Dans les foins Là-bas, A Tendre Sur Espérance Elle attend ma naissance. La vieille dame du sixième Peut bien s’éteindre Dans l’indifférence Les forcenés Appuyer sur la détente Les maris Frapper, fracasser Violenter Meurtrir La mère de leurs enfants Un archet Paganini Egrène des rivières de volupté Sur un petit cahier Des mots fleurissent Des mots Trompettes à Jéricho Des mots Qui font frémir Les tyrans Des mots Qui entretiennent La révolte La fomentent L’explosent Là-bas, A Tendre Sur Espérance Elle attend ma naissance. Des skin head Remakent Les chasses du Comte Zaroff Cours, cours Petite Rachida Cours, cours Ici, Le temps suspend son vol Les yeux se plissent Les pupilles se dilatent Des colombes lutinent les limbes Ici, à Tendre Sur Espérance Règne la Princesse des Songes Hors du temps Elle attend que je naisse L’encens, marginal S’évapore Prend la poudre d’escampette Le cachemire, Invité d’honneur Frappe à la porte du plaisir Et sans gêne Irrigue nos racines De rires fous Séisme musical Cyclone d’amour Qui nous emporte Exsangues Vers des couleurs Qui farandolent Les vers libre comme l’r Deviennent rhapsodies Menuets Et nous plongent dans un torrent D’allégresse Ici, A Tendre Sur Espérance La Princesse des Songes attend Que je naisse Un rire qui n’en finit pas secoue nos poumons Le monde oublié Cesse d’être un problème A Tendre sur Espérance Je nide Ma Princesse des Songes Caresse ma révolte Qui paresse Dans ses bras Le monde le monde Je repars au combat Quelque part en moi Tendre sur Espérance Quelque part la Princesse des Songes Attend le retour Du guerrier Aux rimes absentes Dominique Friard