Au bar des ombres

Au bar des ombres

 

 

Attablé au bar des ombres

Un bloody Mary devant moi

Je sirote seul

Avec la pensée de toi qui me désaltère.

 

 

La pitié s’est réfugiée dans un livre

Oublié sur une étagère.

La vertu des femmes soupçonneuses

Est de scruter la vie jusqu’à l’impossible.

La grâce s’est enfuie dans le train de nuit.

Tu es plus belle que la mer qui tempête.

Tu es plus dure que la neige

Qui titube dans les champs.

 

 

Les clients du bar passent

Quelques conversations me pénètrent

Quelques effluves de mots

Je sirote seul

Avec la pensée de toi qui me désaltère.

 

 

L’ultime bataille s’est engagée.

Je ne rêve plus.

L’amour peut-il triompher du passé ?

L’angoisse qui dévore sera-t-elle la plus forte ?

Mieux vaut se dissoudre que vivre cette harmonie.
Et mes mots, tous ces poèmes que j’ai brodés,

Sont un pesant fardeau

Pour qui condamne sans rémission.

Ô jardin de mes vœux !

Nos yeux grands ouverts regardaient l’avenir

Avec confiance.

Il faut mettre une burqa sur les mots.

Ils sont beaucoup trop dangereux.

 

 

Le bar va fermer.

Il ne reste plus que moi.

Je dois payer mes consommations.

L’amour titube dans mon cœur.

Je me lève et pars dans la nuit.

La pensée de toi me désaltère.

 

 

Une femme plus belle que la vie

Je ferme les yeux

Le train s’est enfoncé dans la nuit

Prenant en otage ma vie, mon amour.

Il me reste un petit matin

Ses yeux dans les miens

Une caresse

La vie, cette chose inquiète

Qui ne renonce pas.

 

 

 

 

D.F.

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 12/02/2010