Couleur haine

Couleur haine

 

 

Elle a posé ses yeux, couleur de manque, sur mon fantôme.

Je me contentais de marcher à mon pas, heureux, sans elle.

Mon existence était un affront qu’elle ne se pardonnait pas.

De quel droit étais-je encore en vie ? Mon sourire la crucifiait.

Sa vie était couleur de haine. Une haine cuite et recuite

Qui n’en finit pas de mitonner sur le poêle à fuel.

Je donnerais tout le pot au feu pour que la joie l’habite.

Je donnerais l’os à moelle, et les légumes, la viande même,

L’épluchage des carottes, et l’écumage patient des graisses.

Mais la haine colore sa vie, elle est le reflet de l’amour passé.

Elle le commémore, elle est son hymne matrimonial.

Elle posera ses yeux, couleur de manque, sur mon fantôme.

Je vivrai avec ce pesant reproche sans me retourner.

Son amour a pour moi les couleurs de la vie, j’en garde le printemps.

 

 

D.F. 

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 23/03/2010