Du téléphone
Je t’imagine de l’autre côté du téléphone,
Les yeux ensommeillés,
Le corps engourdi.
L’alarme de mon portable déchire la nuit.
Excuse la douleur future, mon aimée,
La sonnerie est insensible aux cajoleries.
Je te dirai l’étonnement, la joie d’être aimé.
Je te dirai le gracieux enfant qui s’éveille
A l’amour.
Mes risettes.
Je suis un homme de paille
Dont le cœur s’enflamme.
Tu m’incendies, mon aimée.
Mes yeux se lèvent sur un matin de dentelle.
Tu peuples mon imaginaire
De caresses aussi douces qu’un menuet.
Les instruments d’avant tintinnabulent.
Derrière le loup, je sens
Les branches qui ploient.
L’espoir qui lui en moi
Est une politesse trop tôt espérée.
Les cordes de ma mie me sont une lumière de cristal.
Elle pousse un contre-ut
« Je t’aime ».
De l’autre côté du téléphone,
Je flageole tel un ballon dégonflé.
Ma folie s’est envolée
Vers un ciel aveugle.
Mon aimée, ma liberté
Ne t’inquiète pas des sourires laids.
Je suis un ballon captif
Qui plane au-dessus des nuées.
Et les ailes de l’amour
Me transportent vers l’azur.
D.F.