Hélène Cadou
Le monde est mon beau voyage
La mer ma robe de fête
Le vent
Mes sandales de feu
Chaque feuille
Est un mot que j’aime
Chaque oiseau
Me redit ton nom
La terre tourne
Et tu me reviens
Toi le même
A chaque saison.
*
Ce printemps trop grand pour moi
Me fait peur dit le vivant
Il m’emporte à pleins poumons
Avec ses arbres son ciel
Ses débordements de source
Laissez-moi dormir encore
Un instant un seul instant
Pour que je compte mes bras
Mes yeux mes jambes
Et le nombre de mes doigts
Avant de saisir le jour
Et d’y fonder ma demeure.
Hélène Cadou, née Laurent à Mesquer (Loire-Atlantique) est surtout connue comme épouse du poète René Guy Cadou. Elle n’en a pas moins écrit sa propre œuvre poétique.
En 1943, étudiante en philosophie à Nantes elle s'intéresse à la poésie ; elle fait la connaissance de René Guy Cadou le 17 juin 1943, à Clisson, où il est instituteur et où elle est venue avec un groupe d'amis rencontrer le jeune poète. Dès le lendemain, une correspondance littéraire s'établit entre eux, rapidement suivie de nouvelles rencontres. Ils se marient en 1946, alors que René Guy est devenu, à la rentrée 1945, instituteur titulaire à Louisfert, près de Chateaubriant. Ils vivent dans la maison d'école du village.
Après la mort de son époux, le 21 mars 1951, elle quitte Louisfert pour exercer le métier de bibliothécaire à Orléans, où elle est accueillie par des amis de René Guy Cadou : notamment, le maire, Roger Secrétain et le peintre Roger Toulouse. Elle y travaille avec Georges Bataille et y devient conservateur. Elle y écrit une grande partie de son œuvre poétique.
Retraitée, elle partageait, il y a encore quelques années, son temps entre l'école de Louisfert devenue musée maison d'écrivain, l'été, et le Centre René Guy Cadou de la médiathèque de Nantes. Elle a en effet fait don de l'ensemble des manuscrits et correspondances de René Guy Cadou à la Ville de Nantes.
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