une fois encor contre la flamme trébuche
endors ton geste jusqu’au matin
jusqu’à gratter aux portes et tendre
un œil de rêve un œil de glace un œil criblé
aucune considération pour les fantômes
ceux qui n’ont ni repaire ni gîte
ni le moindre signe à exposer
ceux frappant du doigt contre les vantaux des terres
enfin il passe s’éloigne se perd sans plus
fallait-il craindre son retour
et le hululement de sa peine
lorsque devant nos lampes nous veillons un peu
et toi silhouette tu t’exiles
tu t’effaces tu t’emportes dans les vieux arbres
Herri Gwilherm Kerouredan ou Jean-Jacques Kerouredan est un poète français né à Quimper le 17 avril 1932 et décédé le 3 mai 2008. Il fut très proche de Pierre Jakez Hélias, Eugène Guillevic et du recteur Henri Le Moal et resta toute sa vie profondément attaché à la Bretagne, à son identité et à sa culture populaire.
Après avoir quitté sa ville natale pour Nantes, il se lança dans des études de philosophie, tout en s'inscrivant au Conservatoire de musique en violon et en piano. Il alla ensuite poursuivre ses études de philosophie à Paris, à la Sorbonne, où il eut pour maître Vladimir Jankélévitch, qui y enseignait la morale et la métaphysique; une profonde amitié allait le lier à ce philosophe engagé, jusqu'à la mort de celui-ci en 1985.
Jean-Jacques Kérouredan poursuivit aussi des études de mathématiques, de physique et d'astronomie, puis il partit en Allemagne du Nord où il allait passer de nombreuses années de sa vie, d'abord comme professeur de philosophie au lycée franco-allemand de Hambourg, puis comme enseignant à l'Université de Hambourg et à celle de Kiel.
Ses convictions européennes et décentralisatrices l'amenèrent à adhérer de bonne heure au Mouvement des radicaux de gauche (MRG) puis devenir ensuite ancien maire adjoint à la Culture et à l'Education de Fougères, puis Conseiller municipal de Rennes délégué à la coopération culturelle internationale
Jean-Jaques Kérouredan était membre de l'Institut culturel de Bretagne et de l'Association des écrivains bretons.
Il a reçu en 2003 le Prix Georges Perros pour son ouvrage "Poèmes Traversiers".