Jamais un massacre n’anéantira l’espoir !

Jamais un massacre n’anéantira l’espoir !

 

« Faut que ça change ! »
Coassaient les grenouilles
En leur marécage birman.

 

« Y’en a marre
De ces nénuphars trop larges,
Trop mous, trop spongieux
Y’en a marre
De cette mare putride
Qui empuantit
Les poumons
De nos petits têtards. »

 

Les batraciennes bestioles
Manifestaient.
Elles avaient revêtu
Leurs plus belles couleurs
Des reinettes couleur bonze
Des grenouilles à la robe safrane
Des geckos bleus de Californie
Des crapauds buffles rescapés d’une corrida
Tous et toutes défilaient
Entre chien et loup
Contre les franchises rostandiennes.

 

« Faut que ça change,
On veut du Largactol,
Du risperjack
Du débriloft
Sans débourser un dinar
On veut des mouches du coche
Des hannetons kinois
Des fourmis géantes du Lichtenstein
On veut boulotter des Tan She
Même si c’est de la viande racornie
Au cœur sec.
On veut des abeilles cools
Et des libellules hard
On veut du bonheur
Au gramme, au kilo, à la tonne … »

 

Emportés par le vent
Sur de minuscules morceaux
De papier rouge
Les revendications fracassaient
Les généralissimes de la junte batraciennicide.

 

« Faut que ça change … »

 

L’alligator du marigot
Ouvrit ses yeux
Globuleux
Puis son énorme mâchoire
Il les croque, il les tue,
Il les gobe à son plaisir,
Et engloutit toutes les grenouilles qui ne purent fuir.
Les autres apeurées
Rentrèrent dans leur terrier
En Thaïlande
Dans un de ces pays où l’espoir luit encore.

 

Si l’on se raconte,
A la veillée
Cette saint Barthélemy des grenouilles
Chaque têtard rêve d’être un jour
Le libérateur du peuple batracien.


Profitez de vos palais, dictateurs
Bouffés d’ulcères
Chaque jour qui passe
Entretient l’espoir
Chaque jour qui passe
Rapproche votre dictature de sa fin.


Chaque jour

 

D.F.

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 29/11/2009