Le mémorial des amours mortes
J’ai traversé la rue
Sans regarder, ni à gauche, ni à droite.
J’ai traversé la rue
Elle était à la diète.
Bordée d’un cimetière quatre étoiles
Elle se léprosait en attendant
Des jours meilleurs.
Je suis entré dans le cimetière des amours mortes
J’ai cherché ton nom, le mien
Au milieu des ici-git.
Même à l’ombre, quelque chose ricanait
Comme si la lumière en dépendait.
J’ai cherché m’arrêtant devant chaque tombe.
Une vie souterraine s’imposait à moi.
Des passades, des aventures
Gravées sur des post-it.
« A une passante, la poésie reconnaissante »
Des infidélités, des coups d’épée dans l’eau,
Des cinq à sept vite fait …
La reconnaissance du bas-ventre
Ne se dissimulait plus.
Aux cimetières des amours mortes,
Les épitaphes sont en peau de chagrin.
Je me suis perdu dans le village
Des amours avortées.
Que de regrets !
Quelques couronnes de remords.
Et je nous cherchais …
Dans un petit carré de verdure sommeillaient
Les passions qui trament les histoires de hall de gare.
« A Johnny, Voici reconnaissant ».
Des amours adolescentes,
Au cœur plus grand que leurs yeux
Dédicaçaient leur chagrin
Au passant.
J’ai cherché, cherché.
Ma casquette à la main,
Pour le respect.
Eloïse et Abélard,
Tristan et Iseult,
Roméo et Juliette.
Nous n’étions nulle part.
J’ai repris mon chemin
En sifflotant.
Il faut crier pour se sentir exister.
Il faut aimer pour crier son bonheur.
D.F.