Le mémorial des amours mortes

Le mémorial des amours mortes

 

J’ai traversé la rue

Sans regarder, ni à gauche, ni à droite.

J’ai traversé la rue

Elle était à la diète.

Bordée d’un cimetière quatre étoiles

Elle se léprosait en attendant

Des jours meilleurs.

 

Je suis entré dans le cimetière des amours mortes

J’ai cherché ton nom, le mien

Au milieu des ici-git.

Même à l’ombre, quelque chose ricanait

Comme si la lumière en dépendait.

J’ai cherché m’arrêtant devant chaque tombe.

Une vie souterraine s’imposait à moi.

Des passades, des aventures

Gravées sur des post-it.

« A une passante, la poésie reconnaissante »

Des infidélités, des coups d’épée dans l’eau,

Des cinq à sept vite fait …

La reconnaissance du bas-ventre

Ne se dissimulait plus.

Aux cimetières des amours mortes,

Les épitaphes sont en peau de chagrin.

Je me suis perdu dans le village

Des amours avortées.

Que de regrets !

Quelques couronnes de remords.

Et je nous cherchais …

 Dans un petit carré de verdure sommeillaient

Les passions qui trament les histoires de hall de gare.

« A Johnny, Voici reconnaissant ».

Des amours adolescentes,

Au cœur plus grand que leurs yeux

 Dédicaçaient leur chagrin

Au passant.

 

J’ai cherché, cherché.

Ma casquette à la main,

Pour le respect.

 

Eloïse et Abélard,

Tristan et Iseult,

Roméo et Juliette.

 

Nous n’étions nulle part.

J’ai repris mon chemin

En sifflotant.

Il faut crier pour se sentir exister.

Il faut aimer pour crier son bonheur.

 

 

D.F.

 

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 27/01/2010