Où l’amour crépite
J’ai trouvé le paquet au pied de l’arbre,
L’enveloppait un papier de nuages,
D’étoiles et d’aube.
J’ai coupé le ruban.
Sans respirer.
J’ai soigneusement ouvert le paquet
Sans abimer le papier cadeau.
Je me suis arrêté devant la boîte à secret.
Ouvrir ?
Attendre ?
Savourer l’instant …
Sous le gui, plus tard, je t’embrasserai.
Nous nous embraserons devant la cheminée
Où l’amour crépite.
Femme de feu, femme de braise.
Tu flamboies en moi sans me consumer.
Dans ce pays arbitraire
Où l’amour est roi,
Les arcs de triomphe sont voisins des matins blêmes.
J’ai ouvert la boîte à secret.
Elle contenait une feuille de papier
Pliée en quatre.
Quand tu seras de retour,
Quand la nuit de la Saint Sylvestre
Te déposera devant la porte de Mycènes,
Je te le promets,
Je t’emmènerai sur notre tapis volant.
Et vogue le navire.
Je passerais ma vie dans ce lit aux lattes mutantes.
J’ai déplié la feuille
J’ai lu les mots que l’amour inspire.
Il n’est de cadeau que ceux que la vie tricote.
Le hasard est peuplé de regards.
Beauté des gouttes d’eau gravées sur la feuille,
Amour liquide qui lave des épreuves.
Foin des soupçons
Qui ont l’apparence de l’oubli.
Le soleil est toujours aveuglant.
Il faut y croire pour le voir.
J’ai lu les mots que l’amour inspire.
Ma gorge était nouée.
Mon cœur battait ainsi qu’aux plus beaux jours.
Le miroir t’illumine, mon aimée.
J’ai déployé des ruses de sauvage
Pour échapper à l’évidence.
Tu as su trouver la piste,
Déchiffrer les indices.
Le sang aux joues,
Nous nous sommes aimés jusqu’au matin.
Quand l’aube s’est levée
Nous nous sommes endormis.
D.F.