Paradis fécal

Paradis fécal

 

Une île
Au large de l’espoir
Les hommes n’y auraient pas de rêves.

 

Evasion de capiteux capitaux
Des navigateurs en eaux troubles
Chassent l’espérance en des lendemains qui chantent.
Qui chantent ?
Qui chantent ?

 

Tu veux des dollars, des mars, des francs suisses, des euros ?
A chacun sa devise.
Une île au large de l’espoir
Les hommes n’y auraient pas de rêves.

 

Lointaine la banque
Pas de contrôles
Un paradis fiscal
Pour financiers binoclards
En terre, en terre, tes pistoles souterraines
Sous tes reines
Sous tes reines.

Au Barbades, aux îles Caïmans
Iles fric
Paradis fécal
Pour maniaques du billet vert.
Une île au large de l’espoir
Les hommes n’y auraient pas de rêve
Mais des compte-chèques
Des comptes bancaires,
Des comptes à rebours
Des comptes à compter debout les picaillons piqués
Splendide isolement des calculatrices.

 

Une ile, des iles
Très très au large de l'espoir
Les comptables n'y auraient pas de rêves.

 

Des isles sans nous.
NOUS, on est parti,
Ailleurs,
Petits mousses perdus
De Douarnenez en Istambul,
D’Erin en Galapagos

Oui, ma belle                           
Nous nous aimerons,
Nos seuls billets
Seront des billets d’où ?

 

Dominique Friard.

 

Dernière mise à jour de cette page le 26/11/2009