Petit matin

Petit matin

 

 

La baie des anges a été exorcisée

Par un prêtre roux à l’encensoir excisé.

Derrière la vitre recouverte de buée

Mon menton saturé de mousse à raser

Râpe comme un maffioso reconverti.

Dans le sens du poil,

Ma barbe grise ennuie l’aube azerty.

 

 

Le jour qui point dans le miroir

Se dépêche de me tirer le portrait.

De l’autre côté du miroir,

Pas très loin dans le lit, tu somnoles.

Tout chante dans cette salle de bain.

Dans mon cœur un fandango.

Il est des matins où l’amour triomphe,

Où la nuit est un souvenir tiède.

 

 

Il faudrait diviser son regard,

Arrêter le temps sur ce sentiment de plénitude.

Il faudrait le graver dans une anthologie,

Le ranger dans un coffret précieux,

Que l’on ouvrirait avec précaution

Quand d’indécents tracas

S’étalent dans la plaine enneigée.

 

 

Il faudrait garder cette peau d’amour là.

Refuser la desquamation

Que chaque pore de mon épiderme

Se souvienne de nos caresses.

Que la cafetière siffle en vain,

Que l’odeur du café torréfié

S’efface devant le parfum de l’amour.

Quelques gouttes d’amertume

Pour se brosser des dents

Qui ne seront plus jamais mal d’amour.  

 

   

D.F.

 


Dernière mise à jour de cette page le 26/02/2010