Remugles d’enfance Odeur des pluies de mon enfance
A sept ans comme il faisait bon
Se battre contre une moitié de classe
Qui me traitait de sale boche …
Odeur des pluies de mon enfance
Seul adossé dans un coin de la cour
Je distribuais coups de pieds
Et coups de poing à la meute …
Odeur des pluies de mon enfance
Je vous dois ma science du combat
Ma volonté inébranlable
Ma méfiance vis-à-vis des moutons
Qui bêlent contre les Schleus
Odeur des pluies de mon enfance
Ma mère est allemande ne vous déplaise
Mes oreilles sont décollées
Et je vous emmerde …
Odeur des pluies de mon enfance
Je vous emmerde comme j’emmerde
Tous ces traqueurs d’étrangers
Toutes ces reconduites à la frontière
Tous ces délateurs à la petite semaine
Qui séparent ceux qui s’aiment
Et torturent leurs enfants.
Odeur des pluies de mon enfance
Qu’il sentait bon le tzigane, mon seul ami !
Plus rejeté que moi encore mais plus résigné
Qu’il était sage, Alain, le gros plein de soupe,
Mon ami aussi, fils d’huissier
Dont le père terrorisait leurs parents.
Il imaginait leur avenir de petits boutiquiers
De sales flics à la mentalité de valets.
Odeur des pluies de mon enfance
Ô temps charmant des brumes douces
Toujours la même saleté,
Toujours le même rejet,
Je vous dois de savoir
Maintenant et au fil des jours
Dans quel campement j’habite.
D.F.