Sur ma cuisse
Des camions waroument sur l’autoroute.
Je sens leur halètement lorsque je les dépasse.
Ta main sur ma cuisse.
De l’autre côté des vitres, la pauvre vie autoroutière
La neige grise qui s’écroule.
Ta main sur ma cuisse.
Je pourrais ainsi rouler des heures
Concentré sur la route et ses imprévus
Bercé par tes mots
Qui dessinent un arc-en-ciel dans mon cœur.
Ta main sur ma cuisse.
Qu’importent mes souliers crottés,
La sueur des jours,
Mes joues rêches qui rapent,
Le bonheur devise à mes côtés
La main posée doucement sur ma cuisse.
Nous nous arrêterons à Manosque
Et mangerons des frites huileuses
Avec du poulet trop cuit.
Le café lavasse semblera être un nectar.
Les yeux dans les yeux
Le plus sordide troquet
Ressemble à un estaminet.
Nous reprendrons notre route.
Ta main douce sur ma cuisse.
D.F.