Une bougie perdue dans la nuit

Une bougie perdue dans la nuit

 

 

J’étais une bougie qui palpitait dans la nuit.

A l’abri de la lumière, mûrissait le fruit

De ces jours de hasard et de nécessité.

Les coups de dés peuplaient sans bruit

Notre vie d’une nuit sans vague.

Il suffit de si peu de choses pour raviver le chagrin :

Un regard incompris, un cri de surprise.

Une plainte sourd de ton âme

Et m’explose au visage.

Tu m’es si singulière, mon aimée, que ma lueur vacille,

Le vent mauvais m’emporterait si ma flamme

Ne l’épousait.

Je suis une feuille morte,

Un frêle vaisseau que la rivière emporte.

Je suis le courant.

 

 

J’étais une bougie qui palpitait dans la nuit.

La cheminée crépitait dans tes yeux verts.

Notre chambre ouverte se prenait pour un palais.

Au jeu de l’amour, tes contes de Sharazade,

Me faisaient perdre la tête.

Une feuille somnolait sur l’imprimante.

J’y avais brodé mon cœur.

Je me prenais pour un pseudopode

Et m’étirais, m’étirais, m’étirais

Pour te rejoindre dans cette zone mystérieuse

Où naissait ta colère.

Les papillons de la nuit tricotaient des ailes

Et se nourrissaient de ce nectar.

Mon cœur est un vieil organe un peu lourd.

Il fait le gros dos quand tes colères l’assaillent.

Il attend qu’un sourire fleurisse de préférence

Au petit matin.

La Lune est bien trop grosse en cette nuit d’espérance.

Dans le cheminée, les vapeurs du bois

Parfument une frénésie amoureuse

Que je n’ose ici décrire.

 

 

Je suis une bougie qui s’assoupit au matin.

Je m’endors stuporeux, une fossette aux lèvres.

Le vacillement des ombres ne m’effraie plus.

Les fumées originelles ont été chassées

Par les diamants de la nuit.

 

 

 

D.F.

 

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 05/03/2010